Les Marchés
Oran : Entre hygiène et prix
Les inspecteurs de la direction du commerce ont effectué 500 sorties durant cette première semaine du mois de ramadhan. Le respect des règles d’hygiène notamment dans le stockage et l’emballage des produits périssables ont été (et restent toujours) au centre de ces sorties qui ont mobilisé une centaine d’agents.
Le ramadhan qui coïncide cette année avec les grandes chaleurs est une période où la pression exercée sur les produits alimentaires est telle que de nombreux commerçants talonnés par la demande ne prennent pas la peine de respecter certaines règles de base concernant les produits fragiles telle la viande. Et pour cause, la viande fraîche et aussi le poisson frais sont hors de portée des bourses modestes surtout dans les familles nombreuses. Aussi, le recours aux produits congelés devient la règle. Et c’est à ce niveau que le risque s’agrandit. Une viande congelée mais mise en vitrine non réfrigérée, des casiers de poissons congelés ouverts chaque 30 secondes (quand ce n’est pas une coupure de courant qui rompt dangereusement la chaîne de froid) sont un spectacle devenu banal dans nos marchés. Même le tas de viande hachée sur lequel trône des mouches n’offusque plus.

Le marche des Aurès (ex-La Bastille) reste un véritable mystère. Situé en plein cœur de la cité, il est a longueur d’année l’un des marchés les plus fréquentés. Durant le mois de ramadhan, on dirait que toute la wilaya fait ses emplettes dans cette ruelle tant la foule, en une marée qui ne semble point se calmer, avance en un groupe compact. Donc ce marché fréquenté par tous, situé à moins de 15 mn des sièges de la wilaya et de l’APC, reste curieusement hors d’atteinte des différentes opérations de contrôle, sinon comment expliquer que les caisses de poissons soient entassées à même le sol sur des flaques d’eau noirâtres, nauséabondes. Certains revendeurs posent même leurs cageots sur les caniveaux. Et le comble, c’est que les acheteurs se bousculent pour acheter ce poisson à des prix prohibitifs !
Il n’y a pas que l’hygiène qui pose problème pour les ménages, les prix aussi. Certes, la flambée des premiers jours a laissé place à une stabilité des prix, mais a un niveau élevé.
• La pomme de terre, bien qu’on nous a assurés que de grandes quantités étaient stockées avant ce mois pour inonder le marché et faire dégringoler les prix, est toujours vendue à 50 DA le kilogramme ! Preuve en est que cette formule de stocker/déstocker a été contournée par les spéculateurs.
• La carotte tend à se raréfier. Du coup, son prix s’envole à 100 DA ! Le prix de l’oignon se stabilise dans une fourchette précaire entre 35/40 DA.
• Seule petite bonne nouvelle, le prix de la datte a baissé de presque 50%, mais comme les ménages achètent leur stock pour le mois de ramadhan au plus tard le premier jour de ramadhan…
Par R. R. O.
Constantine : Le règne de la laitue
A l’entame de cette deuxième semaines du mois de Ramadhan, la fièvre, qui a marqué les prix des légumes et des fruits et qui tend peu à peu à se dissiper et se stabiliser, permettra ainsi des mercuriales un peu plus raisonnables.
En effet, la boulimie des achats qui s’était emparée de la ménagère a fait exploser les prix la semaine passée jusqu’à atteindre des seuils qui laissent perplexes, car payer un kilo de dattes des plus ordinaires jusqu’à 300 DA n’est pas à la portée de toutes les bourses.
Hier, donc, un petit tour à travers les différents marchés du centre-ville de Constantine laisse apparaître une nette tendance à un retour à la normale des prix, malgré une légère flambée qui persiste dans le rayon des viandes rouge et blanche. Cette stabilisation des prix des fruits et légumes est due, selon un vendeur, à l’abondance des produits exposés sur les étales, dont parfois l’offre dépasse la demande.
Ainsi, la pomme de terre varie entre 45 et 50 DA, les poivrons à 60 DA, les courgettes à 50 DA, alors que la tomate oscille entre 45 et 50 DA, la salade verte, par contre, reste la “reine” du marché. “Miss” laitue en effet n’en démord pas à 80 DA. Il en est de même avec l’ail à 280 DA et les citrons qui grimpent à 400 DA. Les haricots verts se vendent à 80 DA, alors que la “loubia” devient plus abordable à 160 DA, il est vrai que le haricot blanc a atteint le prix de 250 DA la première semaine de Ramadhan.
Pour ce qui est des fruits, hormis les pastèques et les melons dont les prix varient entre 25 DA et 40 DA, le raisin, la nectarine et la poire brûlent les doigts entre 140 DA et 160 DA, alors que la banane est à 110 DA, les dattes et une espèce de “pêche croisée tunisienne”, nouvellement exposée au marché Bettou, sont proposées respectivement à 200 DA et 300 DA.
Les viandes de leur côté restent inabordables pour les petites bourses. La brebis se vend entre 650 DA et 700 DA, tandis que l’agneau oscille entre 750 et 850 DA, le veau quant à lui à atteint les 900 DA.
La tension sur le poulet persiste et stagne entre 280 DA et 300 DA, l’œuf enfin s’accroche à 11 DA pièce.
Selon un vieil habitué des mercuriales, il semble que les prix vont connaître une légère baisse du fait du retour ces derniers jours à une température plus clémente.
Par B. C.
Tlemcen : La mercuriale en folie
A l’instar des autres régions du pays, Tlemcen n’a pas dérogé à la règle durant ce mois de Ramadhan, où les prix des fruits et légumes et ceux des viandes et des poissons ont connu, depuis le début du mois de ramadhan, une véritable folie qui a laissé le commun des citoyens qui n’a pas su ainsi à quel saint se vouer ni à quel miracle faire signe. La mercuriale affiche ces derniers jours des prix qui ont dépassé tout entendement. Même les herbes de province notamment la coriandre, la sellerie, le persil sont cédés à des prix mirifiques, ce qui est là un véritable indicateur de la situation du marché d’une manière générale.
Au marché couvert de Tlemcen, lieu vers lequel affluent les ménagères, c’est une véritable fournaise. Le carotte est cédée à 100 DA, la pomme de terre à 80 DA, la tomate à 75 DA, la courgette à 90 DA et l’oignon frise la barre des 95 DA. De quoi perturber foncièrement ceux qui ont les nerfs fragiles.
Du côté du pavillon consacré aux produits carnés, c’est pratiquement le même décor avec des prix qui donnent froid au dos. La viande hachée est cédée à 1.200 DA le kg, alors que la viande sans os dépasse la barre de 1.250 DA le kg. Cette situation oblige les pauvres citoyens à se rabattre sur la viande congelée pour préparer des plats ou faire d’autres recettes de cuisine des plus modestes.
Pour ce qui est de la volaille et malgré une hausse enregistrée au début du mois de Ramadhan, cette viande très prisée par le citoyen connaît une certaine accalmie ces derniers jours. Un éleveur de volaille de la commune de Ben Mester, zone connue pour son aviculture, explique cette situation par le fait que la production des différentes espèces a été prospère. “Nous avons même mis sur le marché la dinde avec un prix qui avoisine les 230 DA, alors que le poulet vidé est vendu à 330 DA le kg”, fera-t-il observer. Il est vrai que lors de notre visite au niveau du marché, on a pu remarquer ce constat où le prix de cette espèce est à son niveau normal. Sur les étals, le poulet vidé est cédé à 340 DA le kg, alors que la dinde a vu son prix au détail se situait à 250 DA le kg. “On a devant nous que cette viande pour ce mois de jeûne”, devra nous indiquer une ménagère visiblement très éprouvée par cette frénésie des prix.
Par Sofiane Z.
Bordj Bou-Arréridj : Tendance à la baisse
Une semaine après le début du ramadhan, les prix des produits essentiels poursuivent leur régression lente mais certaine. Même si l’affluence est aussi forte qu’au début, la hausse n’est plus ce qu’elle était. La pomme de terre, produit de base par excellence, était vendue à 40 DA. Ce qui n’est pas loin du niveau qu’elle avait la veille du mois sacré. Même remarque pour la tomate vendue au même prix. Le poivron qui montait habituellement est resté bas. Pourtant, c’est un aliment de base durant cette période. Avec ces niveaux, les couffins étaient pleins contrairement au premier jour où la déception des consommateurs a été grande.
Le poulet a lui aussi baissé. Il a même été vendu à 280 DA le kilogramme. Si la tendance continue, le produit serait à la portée de beaucoup de bourses dans quelques jours. Malheureusement, les viandes rouges sont restées stables. Avec un kilogramme d’ovin à 750 DA et le bovin à 650, ce produit était inaccessible pour les catégories défavorisées. Ces dernières espèrent l’arrivée des viandes fraîches d’importation pour pouvoir en goûter.
Par F. D.
Sidi Bel-Abbès : Mêmes attitudes, mêmes prix
Huit jours se sont écoulés de ce mois sacré du Ramadhan et la même attitude est observée par les commerçants nullement découragés par une abondance de biens et de produits pour ne point subir les affres de la loi de l’offre et de la demande. Les circuits sont si huilés que la mercuriale fixée reste scrupuleusement respectée par le commun des consommateurs parfois impuissant devant l’ordre établi.
Absolument, un peu partout dans les marchés, la tendance de cette première semaine est au maintien d’une situation. 50 DA le kg la pomme de terre, 100 la tomate, 80 la carotte, 40 l’oignon au moment où la viande a atteint le seuil de l’intolérable. 850 DA le kg du veau, 750 le mouton et 350 le poulet. Il faut dire que les prix pratiqués ne sont guère à la portée de la petite bourse. Même la sardine demeure insaisissable avec cette barre variable des 150 et 200 DA le kilogramme. Une abondance de produits donc et une stabilité des prix, la cadence semble être bien entretenue, comme pour se conformer à la tradition d’une flambée constatée à chaque mois de Ramadhan censé de piété, de solidarité et de sacrifices.
[ via ] A. B., El Moudjahid