Sonatrach exporte 8 milliards de m3 de gaz par an
Le Medgaz opérationnel depuis hier

Le groupe Sonatrach a signé, jeudi dernier, des accords commerciaux de fourniture de gaz naturel avec ses partenaires impliqués dans le Medgaz, gazoduc opérationnel depuis hier.
Les accords en question traduisent les dispositions de partenariat contenues dans les protocoles d’accord conclus en 2005 et 2006. Les contrats commerciaux portent sur la vente par Sonatrach d’un volume global de huit milliards de mètres cubes par an en phase plateau sur une durée de vingt ans. Pour la compagnie nationale des hydrocarbures, ces accords permettront de renforcer son rôle de fournisseur stable et fiable de gaz naturel en Europe, et de consolider sa position d’acheteur direct sur le marché espagnol du gaz naturel, à travers la signature d’un accord commercial avec sa filiale implantée en Espagne « Sonatrach gaz Comercialializadora ». La société Medgaz est dotée de 113,5 millions d’euros de capital.
La construction du Medgaz aura coûté 902 millions d’euros. Sonatrach en est actionnaire majoritaire avec trente-six pour cent de parts, le reste étant réparti entre les autres actionnaires, à savoir vingt pour cent pour Cepsa, autant pour Iderbola, douze pour cent pour Endesa et autant pour GDF. Il aura fallu des négociations serrées avant de pouvoir implanter cette société de commercialisation en terre espagnole. Le Medgaz, 1 050 km de long (550 km en Algérie, 200 km en mer et 300 km en Espagne), aura une capacité initiale de huit milliards de m3/an, extensible à seize milliards de m3.
Medgaz est un projet d’intérêt national aussi bien en Algérie qu’en Espagne. En juillet 2005, le gouvernement espagnol lui avait d’ailleurs conféré un caractère prioritaire dans le canevas de ses projets énergétiques. La construction de ce gazoduc a été confiée à l’entreprise nationale du gaz (Enagas) qui gère le réseau gazier en Espagne. L’entrée en service du gazoduc était prévue, au départ, pour fin 2008-début 2009. La partie du gazoduc située en territoire algérien a été achevée en 2009. Le retard accusé par le projet est dû principalement à un conflit entre actionnaires. L’Algérie veille à ce que l’Espagne, tout comme d’autres pays d’Europe, reste un marché pour ses exportations gazières. L’Europe, de son côté, privilégie sa sécurité énergétique. Une sécurité qui passe forcément par l’abandon de tout protectionnisme en matière énergétique qui érige, en axe central exclusif de toute activité de commercialisation énergétique, rien que des sociétés nationales des pays de l’UE.
[via] Youcef Salami, latribune-online.com