Examen de fin de cycle primaire :
Entre angoisse et espoir
Photo : Makine F.
Les épreuves de la Sixième ont débuté, hier. Elles ont concerné un peu plus de 500 000 élèves à l’échelle nationale. La matinée a été consacrée à l’épreuve de langue arabe, suivie des mathématiques.
Il est 10 heures. Au CEM Pasteur à Alger centre, le chahut des enfants à l’intérieur de la cour se fait bien entendre dehors. Les agents de sécurité veillent au grain. Personne n’approche le grand portail. Le chef de centre, sollicité pour plus d’information sur le déroulement de cette épreuve, a carrément refusé de nous recevoir faute d’autorisation délivrée par l’académie d’Alger.
A l’extérieur, les parents sont surplace, un peu inquiets. Zineb a ramené du sucre en poudre pour sa fille. Son stress est trahi par ces coups d’œil incessants à sa montre. Midi c’est encore loin. Le papa appelle sur le portable. « A-t-elle bien travaillé ? », lui demande-t-il. «Je ne sais pas, elle n’est pas encore sortie», répond Zineb.
Au CEM Malek-Benabi de la Basse Casbah, c’est la même ambiance. Les policiers assurent la sécurité des lieux. Les pompiers sont également là. En face, les parents patientent, les yeux rivés sur le grand portail. La plupart sont venus de Soustara. Malika est là, debout, depuis une demi-heure. Son enfant n’est pas un bon élève. « Il a juste la moyenne », dit-elle. « Je veux qu’il réussisse son premier examen pour qu’il ne soit pas la risée de la famille et de ses copains », ajoute-t-elle. Son angoisse monte d’un cran lorsqu’une autre maman affirme qu’au collège, le programme est plus difficile et celui qui n’a pas une bonne base dès le départ ne pourra suivre son cursus dans le palier moyen.
Pour se donner un peu de courage, elle lâchera qu’elle lui payera des cours particuliers. Elle a promis des surprises agréables à son petit en cas de réussite. Même inquiétude sur le visage d’une autre mère. Pourtant Manel, sa fillette, est une élève studieuse. Elle a toujours obtenu de bonnes notes. « L’enfant peut oublier, il peut aussi être victime d’un trou de mémoire », estime la dame. Il est 11h 45.
Le premier candidat sort. Instinctivement, il cherche des yeux ses parents. « L’épreuve des maths étais très facile », leur lance-t-il avant de s’engouffrer dans la voiture laissant une lueur d’espoir dans les yeux des autres parents qui s’impatientaient pour leur progéniture.
[Via] Rabéa F., horizons-dz.com