Les Bleus prêts à en découdre
Éliminatoires du Mondial 2010. France – Iles Féroé (21 h sur TF1). Une nette victoire est attendue à Guingamp. Avec le fol espoir que les Serbes perdent.
L'équipe de France tentera, ce soir, de vaincre les Iles Féroé le plus largement possible, en espérant un faux pas de la Serbie. Photo : Philippe Renault
La fête quand même
Dans l’esprit des organisateurs de ce match offert à la Bretagne, via Noël Le Graët, le plus influent de ses dirigeants sportifs, ce devait être la soirée de la qualification pour l’Afrique du Sud. Du fait d’un parcours décevant des Bleus, le Roudourou n’aura qu’un billet pour les barrages à se mettre sous la dent. Mais à voir la ferveur autour de l’événement, cela sera, de toute façon, la liesse à Guingamp. Car face au 136e du classement mondial, un revers n’est pas imaginable. Même s’il n’y a plus de petites équipes, n’est-ce pas, et que la France n’en est pas encore redevenue une grande. Il faut vraiment que les internautes parieurs aiment les grosses cotes pour tant spéculer sur un nul.
Gagner et séduire
Depuis mardi à Perros-Guirec, la troupe de Domenech semble voir la vie en granit rose. Il lui reste quand même un boulot à finir. Personne n’a battu les Féroé lors de ces éliminatoires avec plus de 3 buts d’écart. 3-0, c’est pourtant le seuil minimum en dessous duquel il y aura comme un goût d’inachevé. OK, les costauds de l’archipel perdu ne pratiquent plus les journées portes ouvertes. « Ils savent défendre, s’accrocher », dixit le sélectionneur. Reste que l’on ne comprendrait pas que des stars faisant les beaux jours de Chelsea, de Barcelone, du Real ou de Lyon butent sur des smicards du ballon rond. La meilleure communication du monde restant la victoire, on la veut nette et sans bavure. Belle et ample.
Et si à Belgrade…
Si l’équipe de France n’a plus son destin entre ses pieds pour la qualification directe réservée au seul premier du groupe, il n’est pas totalement exclu qu’un coup du sort ne la ramène dans le jeu. Au cas où les Serbes qui ont quatre points d’avance perdaient face aux Roumains, les Bleus reviendraient sur leurs talons. Tout se jouerait alors mercredi, lors de l’ultime journée. Un nul de la Serbie en Lituanie couplé à une victoire française face à l’Autriche, et le hold-up serait parfait. Un scénario réaliste ? « Le résultat final ne dépend plus de nous, mais on doit jouer le coup à fond en se disant qu’on ne sait jamais, déclare Domenech. Je n’attends rien, on verra bien, c’est tout ».
Soigner le goal-average
Autre miracle possible, peut-être moins invraisemblable celui-là, deux nuls des Serbes. Même avec deux victoires de leur côté, les Bleus ne reviendraient qu’à égalité et c’est le goal-average qui les départagerait. Pour avoir trop raté d’occasions, la France accuse 8 buts de retard. C’est-à-dire qu’elle devrait en marquer 9 de plus que son rival. Disons 6 buts ce soir et 3 au Stade de France, sans en prendre. Soit presque autant en deux rencontres que durant les huit qui ont précédé (10 buts inscrits). Il faudrait que « les vendangeurs réunis » retrouvent le feu sacré. Le type même de discussions, qu’un sandwich à la main, le fan de foot adore. Mais avant même le coup de sifflet final à Guingamp, on saura ce qui s’est passé à Belgrade. Et si l’on avait croqué en vain dans une chimère.
Jean-Luc PELLIZZA.
Raymond Domenech a annoncé qu’une minute de silence serait observée à la mémoire de Brice Taton, 28 ans, le supporteur toulousain tué à Belgrade suite à une agression avant un match du TFC contre le Partizan, en Europa League. « On trouve tous cela ahurissant, aberrant et d’une stupidité sans nom de pouvoir mourir en allant voir un match de football, a-t-il expliqué. J’espère que cette minute de silence sera respectée. »
[ via l’article d’origine ]
de ouest-france.fr
publié, le 10 octobre 2009