Algérie-BAC, La cadence des inscriptions s’accélère :
Les nouveaux bacheliers désorientés

Les inscriptions universitaires finales des nouveaux bacheliers ont connu, hier, une accélération perceptible.
A la veille du mois de Ramadhan, les étudiants, notamment ceux qui habitent loin de l’université où ils ont été orientés, ont été pressés d’en finir avec le casse-tête des inscriptions. « Quoique la période des inscriptions soit ouverte depuis le 27 juillet et ne sera close que le 4 août 2011, les étudiants et leurs parents veulent terminer les procédures des inscriptions avant le Ramadhan. D’ailleurs, nous avons essayé de faciliter la tâche de ceux qui viennent hors d’Alger pour repartir tôt chez eux », explique Abdelkader Henni, recteur de l’université Alger II (Bouzaréah).
A l’instar de celles de la capitale et du pays, cette université était envahie par les étudiants depuis la matinée. « Nous avons dépassé largement la barre du millier de nouveaux inscrits. Les inscriptions se déroulent dans de bonnes conditions et ne durent que dix minutes seulement pour chaque étudiant », a précisé M. Henni. Dans ce sens, un parent, venu de Zéralda, estime : « En général, les inscriptions se sont déroulées convenablement ». Cet avis n’est pas du goût de sa fille : « Ce n’est pas tout à fait satisfaisant. Ça traîne beaucoup avant d’avoir nos documents. L’organisation des inscriptions laisse à désirer ».
De son côté, Oussama, orienté vers la littérature française, pense que « les inscriptions sont mal organisées. J’ai mis plus de quatre heures pour payer le mandat d’inscription. C’était une queue infernale ». Agacés, le père et le frère d’une étudiante, inscrite dans le département d’anglais, qualifient le déroulement des inscriptions de « galère ». « On fait des va-et-vient depuis ce matin. Il n’y a ni indication ni orientation. Nous avons souffert pour pouvoir finaliser les documents et il nous reste encore la paperasse pour les dossiers de résidence et de bourse universitaire », se sont-ils indignés. Concernant le problème de paiement des mandats qui pénalise les étudiants dans toutes les universités du pays, le recteur de l’université de Bouzaréah affirme que « les rectorats font appel aux services d’Algérie Poste pour l’envoi de quelques agents au niveau des campus ». A priori, cette solution n’est pas suffisante. Les deux agents d’Algérie Poste n’ont pas pu contenir l’afflux des étudiants. Les agences postales avoisinant les universités sont également dépassées.
Orientations fortuites ?
Le retard engendré par le paiement du mandat a créé une ambiance électrique dans les rangs des étudiants. Chacun voulait passer le premier. La nervosité et le stress ont dominé les nouveaux bacheliers, surtout ceux orientés vers des spécialités contre leur gré. L’allure d’une étudiante n’était pas en harmonie avec sa belle robe rouge ; la tristesse et la déception se lisaient sur son visage. « J’ai passé toute une journée pour m’inscrire dans une spécialité qu’on m’a imposée. L’orientation est vraiment aléatoire. J’ai eu un bac scientifique avec 13,04 et de bonnes notes en maths et en physique, après quoi on m’oriente vers une licence de langues », témoigne Naïla, native de Bouira.
Sur ce volet, nombreux sont les nouveaux bacheliers qui regrettent presque d’avoir eu le bac. Partout dans les universités du pays, un même constat retentit : les orientations ne répondent pas aux aspirations des étudiants. A titre d’exemple, Farida, originaire de Tizi Ouzou, a été orientée vers l’Ecole d’enseignement de Kouba contre toute attente. « J’ai eu un bac sciences avec une moyenne de 15,20 (18,50 en maths, 16 en sciences et 14,5 en physique). J’aurais voulu faire médecine ou au moins architecture à l’université Mouloud Mammeri. En fin de compte, je me trouve obligée de m’inscrire dans une formation d’enseignante en informatique », regrette-t-elle.
Si Farida compte faire un recours pour une réorientation vers la faculté d’architecture de Tizi Ouzou, Naïla pense sérieusement bloquer sa première année universitaire. Après la jubilation, les nouveaux bacheliers, même les plus brillants, pleurent leur « désorientation ». « Nouveaux étudiants, soyez les bienvenus à l’université algérienne », lit-on sur une banderole accrochée à l’entrée de l’université de Bouzaréah !
[via] Samir Ghezlaoui, elwatan.com