1er jour de jeûne à Alger :
La capitale déserte

Ça y est, ramadhan est là et cela s’est fait sentir dans les moindres recoins de la capitale. Alors que l’ensemble des citoyens s’est préparé à recevoir ce mois sacré dans la joie et la pure tradition, ces derniers ont presque tous déserté les lieux au premier jour du jeûne.
La principale artère de la capitale, semblait avoir été délaissée par ses habitués. Quelques personnes seulement ont emprunté la rue reliant Larbi Ben M’hidi à la Grande-Poste. Contrairement à la journée de dimanche qui a connu un flux inégalable en début de matinée, suivi d’un grand rush l’après-midi jusqu’au début de soirée.
Incroyable mais vrai. A 11 heures, les principaux magasins de prêt-à-porter n’étaient pas encore ouverts. Quelques boutiques seulement, que les passants pouvaient d’ailleurs compter sur les bouts de leurs doigts, étaient ouvertes. Selon un vendeur de vêtement pour femmes, plusieurs vendeurs ainsi que propriétaires de magasins n’ont pas pu travailler comme à l’accoutumée. Les raisons ? Le même boutiquier a précisé que certains ont veillé jusqu’à une heure avancée de la nuit. D’autres, a-t-il dit, ont besoin de leur dose matinale de caféine et d’une cigarette pour ouvrir les yeux. « Ils ont préféré faire la grasse matinée pour éviter les incidents avec leur clientèle », a-t-il ironisé. Quant aux restaurants et les fast-foods, les rideaux demeurent baissés.
Plus de brouhaha, plus de tohu-bohu encore moins les dépassements de certains jeunes. C’est un véritable changement de décor et de senteurs quotidiennes qui y règnent. Du côté des balcons de certains immeubles, les fenêtres étaient encore fermées donnant l’impression d’être passé devant un château hanté. Contrairement à ce que racontaient nos aînés sur les caractéristiques du ramadhan, à leur époque, les portes des maisons restaient ouvertes pour que les voisins puissent échanger leurs ustensiles, les recettes et même les mets ou ne serait-ce que pour donner un coup de main tout en bavardant.
En effet, le mois sacré a toujours été synonyme de spiritualité, de solidarité et d’entraide dans notre pays, mais il n’en demeure pas moins que certaines habitudes ont disparu. Aujourd’hui, seuls les marchés populaires connaissent une activité fébrile pendant toute la journée y compris tôt le matin.
[via] Rym Harhoura, horizons-dz.com
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