Algérie -Electronique et électroménager :
Vent de modernité prometteur pour le secteur

A travers la diversité, la qualité et la nette amélioration du design des articles exposés dans les stands du Salon des industries électriques, électroniques et l’électroménager [ SIELEC ] qui se tient, à l’initiative de la société Batimatec Expo, du 19 au 25 octobre 2011 au palais des expositions de la Safex, on ne peut s’empêcher de ressentir comme un léger vent de modernité qui souffle sur ce secteur longtemps resté à la traîne d’une industrie mondiale en pleine effervescence.
Portées par cette dynamique mondiale d’innovation qui a tout particulièrement affecté l’électronique et l’électroménager, nos entreprises n’avaient d’autre choix que celui de se mettre à la page ou disparaître. L’entrée en lice, dès le début des années 1990, d’entrepreneurs privés algériens dans ce type d’activités autrefois réservées aux seules entreprises nationales, bouleversera totalement la donne dans ce secteur longtemps plombé par des entreprises étatiques rentières rétives à l’innovation et au changement. En total déphasage avec les goûts et aspirations des clients qui ont désormais le droit de choisir, ces dernières engloutiront des centaines de milliards de dinars en assainissements financiers et recapitalisations qui ne changeront rien à leur situation.
Les sociétés privées, inspirées par la dynamique d’innovation en cours à travers le monde, les nouvelles techniques de marketing et de design occuperont très vite le terrain favorisées en cela par les possibilités d’association et de partenariat avec les grandes firmes internationales de l’électronique et de l’électronique notamment. Les sociétés comme Cristor et Condor qui se sont faites fortement remarquées par la modernité et la diversité des produits électroménagers et électroniques qu’elles ont mis en évidence à l’occasion du salon SIELEC font partie de ces entreprises promises à un bel avenir. Ce sont ces marques privées, parmi les- quelles on peut citer également Bya Electronic, Samha, Frigor, Cobra, Essalem Electronics, HB Technologies, Zala Computers, Maghreb vision et autres, qui occupent désormais, dans des zones comme celles de Bordj Bou Arréridj, Sétif, Sidi Bel Abbès et, dans une moindre mesure celles d’Alger et de Tizi Ouzou l’essentiel de ces créneaux industriels.
Elles emploient environ 14 000 personnes et réalisent à elles seules pas moins de 87% de la valeur ajoutée produite par ces filières. Les grandes usines de l’Etat, à l’instar du complexe électroménager ENIEM de Tizi Ouzou, de l’ENIE de Sidi Bel Abbès et ceux de Tlemcen et Azazga, éprouvent aujourd’hui encore de sérieuses difficultés à se replacer sur leurs segments de marché trop longtemps abandonnés à la concurrence privée nationale et étrangère. Elles devront, pour ce faire, commencer d’abord par changer leur mentalité commerciale encore fortement empreinte, comme nous avons eu à le constater lors de notre visite au stand de l’ENIEM, de l’esprit de monopole, avec des agents commerciaux agressifs et peu communicatifs.
Un grand effort devrait être fait en matière de marketing, si cette entreprise qui vient de bénéficier d’un énième assainissement financier veut vraiment avoir la chance de jouer, comme ses moyens financiers le lui permettent aujourd’hui, dans la cour des grands. Avec des usines qui ne tournent qu’au quart de leurs capacités et leurs 16 000 employés, ces grandes entreprises publiques qui assurent la moitié de la production nationale, ne parviennent en réalité à réaliser qu’environ 13% de la valeur ajoutée produite par le secteur concerné. Les enjeux pour l’avenir se situent au niveau de l’innovation et du marketing que les entreprises, notamment publiques, doivent impérativement prendre en charge.
La pléthore d’ingénieurs qui sortent de nos universités pourraient être mis à contribution en même temps que la recherche de judicieux partenariats avec des grandes firmes étrangères (cas de la société Samha issue d’un fructueux partenariat entre Cevital et Samsung Electronic), pour atteindre ces objectifs.
[via] Nordine Grim, elwatan.com