Constantine : La rareté des moutons est-elle la cause de la hausse des prix ?
Des prix hors de portée des petites bourses

A l’instar des autres wilayas, la ville des Ponts est devenue, en quelques jours, un marché de moutons à ciel ouvert.
Quelques jours seulement nous séparent de la fête de l’Aïd El Adha, même si les prix donnent le tournis, les pères de famille n’hésitent pas à aller se renseigner auprès des revendeurs qui assiègent la ville de Constantine. A l’instar des autres wilayas, la ville des Ponts est devenue, en quelques jours, un marché de moutons à ciel ouvert, induisant une ambiance particulière. Beaucoup de familles, cependant, ne répondront pas au souhait de leurs enfants.
Les prix sont trop chers, pas moins de 30 000 dinars et plus. Impossible pour un père de famille qui touche cette somme comme salaire de pouvoir s’offrir le luxe d’acheter la bête du Sacrifice.
La rareté des moutons est-elle la cause de la hausse des prix ?, surtout cette année où la contrebande s’est adonnée, au détriment du citoyen algérien, à l’acheminement des ovins vers la Tunisie et la Libye en pleine crise politique et sécuritaire.
Au-delà de ce scénario, on relève également que l’instruction du ministère de l’Agriculture selon laquelle tout acheminement de bétail doit avoir impérativement un quitus des services de la Gendarmerie nationale n’est nullement respectée. Cette instruction a pour objectif de réguler cette activité et d’éviter l’anarchie et la saleté que la présence du bétail provoque au passage. Néanmoins, les marchands de moutons passent outre cette instruction en installant leur troupeau en pleine ville parfois. Une pratique que gêne peut-être certains, mais semble réjouir les enfants.
❏ Rencontré à la sortie de la ville, un père de famille raconte:
« Je viens voir si je peux me permettre un mouton, mais ce n’est pas évident, les prix sont très élevés, mais je ne perds pas espoir de voir son prix revu à la baisse deux jours avant l’Aïd ».
❏ Un autre par contre est là pour acheter quoi qu’il en soit; il cherche la qualité et la provenance du bétail; il opte pour un mouton du Sahara, selon lui
« celui-là est meilleur, sur le plan santé et qualité de la viande, je l’achèterai même à 40.000 dinars ».
❏ Pour un autre, c’est inaccessible, il est là juste par habitude et le plaisir, père de cinq enfants tous scolarisés, ce père de famille qui touche 25.000 DA le mois avait déjà pris sa décision.
Beaucoup de citoyens rencontrés sont dans le même cas et certains aux revenus dérisoires n’ont pas fêté l’Aïd El Adha depuis plusieurs années. Le problème se situe au niveau des revendeurs qui imposent des prix inabordables.
En dehors de la ville on peut avoir un mouton à seulement 16.000 dinars mais, le transport pose problème et là c’est une autre histoire.
[via] Ikram Ghioua, lexpressiondz.com