Près de 600 000 enseignants appelés à voter aujourd’hui en Algérie:
Un référendum sur la gestion des œuvres sociales de l’éducation.

Ce « référendum », comme le désigne le ministère de l’Education, a fait couler beaucoup d’encre et surtout divisé les syndicats autonomes entre défenseurs de la décentralisation et partisans de la centralisation. La question est au centre des discutions des enseignants depuis plusieurs mois. Et elle constitue un véritable point de divergence entre les différents syndicats du secteur.
Pendant dix-sept ans, la gestion des œuvres sociales était entre les mains d’un seul syndicat, à savoir l’UGTA, à travers sa Fédération nationale des travailleurs de l’éducation (FNTE). Attitude qui a irrité les travailleurs du secteur. Pour décrier cette gestion opaque et la dilapidation de leur argent, les syndicats autonomes, porte-voix des enseignants, ont exigé de mettre fin au monopole de la centrale syndicale.
Ainsi, des mouvements de grève répétitifs ont été observés. Sous la pression des syndicats autonomes et des mouvements de protestation qui perturbaient le secteur, le ministre de l’Éducation nationale, Boubekeur Benbouzid, a fini par céder en mettant fin au monopole de l’UGTA et en décrétant le dossier des œuvres sociales l’« affaire de tous ».
Actuellement, la méthode de gestion de ce dossier est régie par le décret n°82-303 du 11 septembre 1982 et dans le secteur de l’éducation par l’article n°158 du ministère de l’Éducation nationale du 20 août 1994. Certains syndicats, à l’instar du Snapest, demandent l’abrogation ou l’amendement de ce décret afin de permettre une gestion transparente et saine des œuvres sociales. « Ce décret n’a pas prévu la création d’une commission nationale de contrôle des œuvres sociales. Nous demandons l’introduction de ce point, car nous voulons en finir avec l’opacité du passé caractérisé par la corruption et le détournement de l’argent de cette caisse. Il faut, à notre avis, des lois précises pour mettre fin à ce phénomène », a souligné Meziane Meriane.
Le ministère de l’Éducation, en concertation avec les syndicats, avait décidé de décentraliser la gestion des œuvres sociales. Mais cette idée n’a pas plu à l’ensemble des syndicats. A chacun ses arguments et ses raisons, les syndicats autonomes ont exprimé leurs divergences de point de vue. Décentralisation pour certains, centralisation pour d’autres. Pour trancher la question, le département de Benbouzid a proposé un référendum qui permettrait aux enseignants d’exprimer leur choix librement, à travers l’urne. Pourvu que ce choix soit respecté…
[via] Nabila Amir, elwatan.com
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