Google veut sauver l’industrie du disque avec son nouveau service musical
INTERNET – Ou au moins ne plus être montré du doigt, en intégrant des offres légales en haut des résultats d’une recherche, via un partenariat avec MySpace et d’autres…
Chester Bennington, avec son side project Dead by sunrise, lors de la présentation du nouveau service musical de Google, le 28 octobre 2009 à Los Angeles/20MINUTES.FR/P.BERRY
Google avait choisi l’emblématique siège de la maison de disques Capitol Records sur Hollywood Blvd pour dévoiler son nouveau service. Via une alliance avec MySpace (plus exactement sa récente acquisition iLike) et lala.com (un site de streaming et de découverte musicale), «Google music search» permettra d’écouter –au Etats-Unis dans un premier temps– des titres directement depuis Google.com. Pour cela, il suffit de taper le nom d’un artiste, un titre de chanson, ou même un extrait des paroles.
Les résultats apparaissent en haut de la page des résultats de cette façon. Un clic ouvre un pop-up MySpace ou Lala, et la chanson se lance quasi instantanément. L’utilisateur peut également acheter le morceau, mais pas directement: cela passe soit par lala, soit par les partenaires de MySpace comme Amazon ou iTunes. Google s’est également associé à Pandora, Rhapsody et imeem et présente des liens pour écouter les titres sur ces sites. Marissa Mayer, vice présidente en charge de la recherche, a expliqué que Google aurait pu faire plus complexe, mais que l’accent avait «été mis sur la simplicité pour l’utilisateur».
« Rendre les offres légales plus accessibles »
Lors de la table ronde suivant la présentation officielle, Mike Shinoda (le «rappeur» de Linkin Park) s’est félicité de l’initiative. « Avant, quand je googleais un de mes titres, les premiers résultats étaient souvent des sites bittorrent ou de streaming illégaux. Désormais, il sera plus facile d’écouter un titre légalement qu’illégalement.»
Ecouter, certes. Le système est en effet complètement intégré à Google et simplissime d’utilisation. Mais acheter? Bill Nguyen, de Lala, le martèle pourtant: « Contrairement à ce que pensaient les maisons de disque au départ, plus les gens écoutent en ligne, plus ils achètent ». Lui ne croit pas au « vieux » MP3 que l’on doit transférer sur chacun de ses terminaux. A la place, il prône pour la vente de « web songs » à très bas coût (une dizaine de cents), accessibles dans le « nuage » du web et bientôt sur l’iPhone.
Besoin de partenaires pour une disponibilité en France
Aucun des acteurs n’a souhaité parler de l’accord financier. Google a cependant laissé entendre qu’il s’agissait surtout pour le moteur d’améliorer la recherche avec une dimension musicale plus poussée. Les partenaires, eux, versent toujours une somme aux maisons de disque par chanson streamée, et espèrent profiter d’un afflux de visiteurs Google. Sachant que « music » et « lyrics » (paroles) sont dans le top 10 des termes les plus recherchés aux Etats-Unis, le pari est à double tranchant: si des millions de nouveaux utilisateurs débarquent et écoutent sans acheter, les coûts de serveurs pourraient alors devenir ingérables.
Interrogée par 20minutes.fr sur une disponibilité en Europe et en France, Marissa Mayer explique que « Google y travaille » mais a besoin de partenaires. Pourquoi pas Spotify ou Deezer? Elle hésite, puis répond: « Je prends bonne note ».
La nuit est tombée sur l’immeuble de Capitol Records, désormais éclairé aux couleurs de Google par des spots rouge, jaune, bleu et vert. Même les glaçons sont raccord. Sur scène, Chester Bennington, avec son side project Dead by sunrise (un Linkin Park plus rock’n’roll) hurle, tous poumons dehors. Face au peu d’enthousiasme de l’assemblée, il lâche « Vous avez vu ce film avec Adam Sandler qui se moque de MySpace? Ça serait marrant si je criais ‘Fuck Google’, non? ». Ou pas.
[ via l’article d’origine ]
de Philippe Berry, correspondant à Los Angeles – 20minutes.fr
publié, le 29 Octobre 2009