Le PDG d’Air Algérie invité du Forum El Bahdja : “Nous voulons maintenir le cap de la qualité”
Le PDG assure que tous les efforts sont déployés pour transporter les 22.000 hadji malgré certains aléas extérieurs à la compagnie.

Alors qu’elle a donné son aval pour le programme initial, la direction de l’aviation civile saoudienne accorde un nombre limité de vols pour Air Algérie qui doit de transporter 22.000 hadji. Pas moins de 4.400 hadji ne savent toujours pas s’ils vont bénéficier d’un billet pour accomplir le cinquième pilier de l’Islam ou non! M. Abdelwahid Bouabdallah qui se dit tout de même optimiste quant au règlement de ce problème, n’y comprend rien ! « C’est une situation première dans les annales de Air Algérie » précise t-il. Le PDG de la compagnie nationale qui était hier l’invité du Forum El Bahdja atteste que le programme des vols initial établi par Air Algérie devait assurer le transport de 22.000 hadji sur le total des 36.000 pèlerins : « Les 14.000 autres seront transportés par la compagnie saoudienne ». Arrêté le 1er Août dernier, ce programme a eu l’aval des autorités saoudiennes et tout devait marcher comme sur des roulettes. Or, à une semaine du début du programme, la direction de l’aviation civile saoudienne ne donne plus les « slots » des vols et limite le nombre de voyages à 86 seulement (initialement 108). Ce nombre évolue chaque jour mais au compte-gouttes : « On nous ajoute parfois un vol, mais ça reste insuffisant ».
Le premier responsable d’Air Algérie reconnaît que les conditions cette année ne sont nullement favorables à une facilitation du traitement des passagers une fois arrivés à El Madina. Le passage au passeport biométrique, le contrôle de la grippe quelle soit saisonnière ou porcine ainsi que l’absence d’infrastructures aéroportuaires (une dizaine de salles d’embarquement fermées pour rénovation) rendent la tâche plus difficile pour l’aviation saoudienne. « Mais nous avons des engagements avec nos hadji et nous devons les honorer ! Pourquoi a-t-on attendu jusqu’à cette semaine pour nous annoncer ces difficultés » s’interroge le PDG. La solution, explique le responsable, doit être diplomatique. « Nous sommes certains que ce dossier est en train d’être traité à un très haut niveau » dira-t-il. Le cas échéant « l’Etat va prendre en charge les hadji mais nous espérons arriver à résoudre ce problème sans l’aide de l’Etat » confère l’invité de la chaîne radiophonique El Bahdja. Dans un langage simple et direct, M. Bouabdallah a tenu à rassurer les clients d’Air Algérie en annonçant que des scénarios ont été établis par la compagnie en cas de persistance du problème. Air Algérie précise par ailleurs que son plan de redressement nécessite la bagatelle de 100 milliards de dinars financés, en majorité, par le secteur bancaire. Le gouvernement vient d’approuver ce plan de développement sur une période de cinq ans. L’Etat assurera le financement du programme d’acquisition des avions et ce, sur une durée de 15 ans.
En effet, Abdelwahid Bouabdallah annonce la signature la semaine passée d’un contrat d’achat de sept Boeing 737 et ce, suite à la signature, auparavant, du contrat d’achat de quatre avions ATR de 50 places pour 70 millions d’euros. La nouvelle flotte sera financée par une enveloppe du Fonds d’investissement nouvellement créé par l’Etat avec un taux préférentiel de 2,5 % sur 15 ans. Air Algérie va également se doter de deux simulateurs de vol, ATR et Boeing 737 nouvelle génération. Elle va s’équiper d’un nouveau système de réservation. «Je suis mécontent du système actuel c’est pourquoi nous allons choisir un nouveau fournisseur et nous allons créer avec la CPA et la Satim une plateforme de paiement en dinars pour faciliter les réservations » explique le PDG.
Dans un autre registre, la cherté des places sur certaines lignes intérieures a, elle aussi, été au cœur du débat sur les perspectives d’Air Algérie qui ambitionne de trouver les meilleures solutions pour rendre plus accessibles les wilayas de l’intérieur. M. Bouabdallah précisera que c’est là un des nouveaux chantiers du gouvernement et que la compagnie s’adaptera à la demande intérieure en s’équipant d’ avions à places limitées.
Les lignes extérieures seront elles aussi renforcées avec la liaison Alger-New York. Une Ligne de prestige qui, selon le PDG, est en phase de discussion. Les fréquences de la ligne Alger-Montréal seront elles aussi augmentées pour atteindre un vol quotidien. L’ouverture de la ligne Alger-Téhéran est loin d’être une priorité. « Il faut une décision politique » dira le PDG.
[ via ] A. Fadila, elmoudjahid