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Ces mineurs envoyés en France pour réussir

IMMIGRATION – Un centre est dédié à l’accueil des jeunes étrangers qui ont atterri, seuls, à Roissy…

Le centre de la Croix-Rouge a ouvert ses portes en 2003 au château de Taverny (95), et accueille une trentaine de mineurs. Un tiers d'entre eux fuguera, à la recherche d'un parent. Les autres bénéficient de cours ou d'apprentissage dispensés au centre./

Le centre de la Croix-Rouge a ouvert ses portes en 2003 au château de Taverny (95), et accueille une trentaine de mineurs. Un tiers d'entre eux fuguera, à la recherche d'un parent. Les autres bénéficient de cours ou d'apprentissage dispensés au centre./

Un jeune garçon africain a gardé son épais manteau sur les épaules pendant l’atelier de maths. Sa voisine, une petite Chinoise souriante, est venue en chaussons s’essayer au calcul. Comme Boubakar* et Li-Li*, une trentaine de jeunes étrangers ont atterri, un beau matin, au château de Taverny (Val-d’Oise), à une quinzaine de kilomètres de l’aéroport de Roissy. Sans papiers, sans parents, sans un mot de français parfois, ces mineurs à l’histoire familiale tragique sont accueillis pendant plusieurs mois dans cette maison imposante.

Mis dans l’avion pour être sauvés

Le centre, ouvert en 2003 et géré par la Croix-Rouge, est unique en France, et n’a plus un lit de libre depuis deux ans. Ce lundi-là, huit Chinois, quatorze Africains, deux Indiens et quelques autres enfants, « dont on ne sait pas grand-chose », selon le responsable Jean-Pierre Nicolle, rentrent d’un jogging matinal dans le parc. Un peu de repos, et les voilà déjeunant à la même table. Peu de sourires émaillent les visages. La plus jeune, une ravissante petite Camerounaise, n’a que 12 ans. « Le plus souvent, leur famille a cotisé, les a mis dans l’avion direction Paris pour les sauver, tout en espérant qu’ils envoient plus tard de l’argent », poursuit Jean-Pierre Nicolle. Les gamins arrivent déboussolés, peu vêtus malgré l’hiver. Parfois, les parents ont glissé dans une poche le numéro de téléphone d’un oncle. Les plus jeunes bénéficient de cours, et les aînés s’essaient, dès 16 ans, à la boulangerie, au bâtiment ou à la pose de fenêtres, comme apprentis. Un tiers de ces jeunes étrangers fuguera du centre, souvent pour rallier l’Espagne ou la Scandinavie où vit un lointain parent.

Une adolescence en pointillé

Dans la grande salle à manger du rez-de-chaussée, Li-Li et Désirée* rigolent. Hormis une enfance bousillée, elles n’ont rien en commun, ni langue, ni religion, ni culture. « Nos jeunes passent beaucoup de temps à écouter les chanteurs de leur pays, un Chinois lit même des livres dans sa langue sur Internet. On les encourage à maintenir ce fil avec leurs origines », confie un éducateur. Côté études, ils s’accrochent. Comme si les familles les avaient poussés à étudier, travailler, s’intégrer.

Bientôt, ils seront placés en foyer ou remis à de la famille, plus ou moins lointaine, rejoignant alors le parcours des autres jeunes arrivés à Roissy (lire ci-dessous). « On se demande où est passée leur adolescence », lâche l’éducateur. Pendant le cours de maths, le petit groupe est calme. Lisimba* dessine un cercle au compas, les autres tentent de déchiffrer le cours, et Li-Li s’applique, la tête penchée, sur ses exercices. Seuls au monde, à des milliers de kilomètres de leurs racines.
* Les prénoms ont été modifiés.

[ via l’article d’origine ]
de Laure de Charette, 20minutes.fr
publié, le 25 Novembre 2009

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