L’Entente de Sétif remporte la coupe de l’UNAF : A cœur vaillant, rien d’impossible !
A cœur vaillant rien d’impossible ! C’est le moins que nous puissions dire de ce comportement héroïque du représentant algérien en coupe de l’UNAF qui s’en est allé relevé un glorieux défi, là où personne ne l’attendait, de surcroit, face à une grosse pointure du foot arabe et africain, l’espérance de Tunis.
En s’en allant relever un aussi beau défi au cour de Carthage et offrir en cette nouvelle armée un autre trophée à l’Algérie, les Sétifiens de l’Entente quand bien même ils nous firent vivre à la fois le chaud et le froid, à l’issue d’une partie incertaine jusqu’au bout, mais qu’ils maîtrisèrent jusqu’au bout, sont parvenus du coup à nous faire oublier le dérapage de Bamako et se replacer dans le contexte nouveau de l’Algérie qui gagne.
Mieux encore les partenaires du gardien volant Chaouchi, privés durant toute une mi-temps de leur centre avant blessé, luttèrent comme des titans à dix contre tous souvent, pour arracher ce sacre de 1’UNAF et se réconcilier avec ses nombreux adeptes qui fêtèrent cette victoire, l’apprécièrent intensément en investissant la rue en cette soirée glaciale de décembre.
Tel un sphinx qui rejaillissait de ses cendres, de ses dernières perturbations pour ne pas dire son instabilité et un rythme de compétition intensif, l’Aigle noir s’en est allé imposer sa volonté et sa détermination face à Tunis après avoir pourtant concédé un but Sétif et hypothéqué ses chances de remporter ce trophée face à cette grande formation de l’espérance qu’une première réalisation de Hadj Aïssa est venue surprendre avant l’égalisation sur penalty transformé par Enérarno.
Une victoire qui pèse donc de tout son poids et permet à l’Entente de Sétif, de remettre les pendules à l’heure pour appréhender la suite à venir avec beaucoup d’optimisme, autant en championnat, qu’en Coupe d’Algérie que dans le cadre de la Coupe d’Afrique des clubs champions qu’elle entamera en représentant de l’Algérie face aux diables du Congo, une formation pas très connue sur la scène africaine.
Autant de raisons qui firent que les partenaire de Metref extraordinaire ce soir-là eurent droit à un acceuil chaleureux très tard dans la soirée après le match, à l’aéroport du 8 Mai 1945 où les attendait le wali, M. Bedoui Noureddine accompagné du président de l’APW et de l’ensemble des autorités locales.
II était 1 heure du matin lorsque l’ATR de la compagnie nationale Air Algérie, qui ramenait l’équipe directement de Tunis, atterrissait à Sétif et libérait comme aux éditions précédentes des années fastes de l’entente, un enthousiasme fou, une joie profonde et une émotion profonde dans les rangs de tous ces joueurs visiblement heureux de s’être réconciliés avec tout le monde et d’offrir à Sétif, à l’Algérie d’abord, ce premier trophée du genre.
Des joueurs qui portaient encore les séquelles d’une grande fatigue mais qui étaient heureux de s’être surpassé ce soir-là comme pour nous dire que l’Aigle noir n’était pas encore mort et pouvait encore pour peu que la sérénité soit-là, présente dans les rangs d’une grande équipe, planer sur les hauteurs du football continental.
Nordine Zeksi, le nouvel entraîneur sétifien qui réalisait pour une première un exploit, n’en était pas moins fier et nous confiait à sa descente d’avion « Quoi de plus beau que de vivre 20 ans loin de son pays et d’y revenir pour recevoir un aussi beau cadeau. Franchement il m’est très difficile d’exprimer les sentiments que je ressens ».
Une rencontre loin d’« être une sinécure pour le coach sétifien qui poursuit : « Nous savions que cette rencontre n’allait pas être facile, nous n’avions pas suffisamment de temps pour la préparer comme il se devait mais j’ai étudié tous les points forts et les points faibles de l’adversaire pour le gérer et le tenir en respect avec ce courage admirable des joueurs qui se sont donné à fond ».
Dans cette ambiance d’après match, Chaouchi qui fut indéniablement un des grands artisans de cette victoire ne cachait pas non plus sa joie d’avoir contribué à un tel événement : « C’était admirable, croyez moi, que de voir tous ces supporters qui nous ont accompagné vivre très fort un tel succès. Un succès que je tiens à dédier à tou le peuple algériens et les inconditionnels de l’Entente qui ne nous ont pas lâché en dépit de tout et nous ont porté jusqu’à la fin. Ce n’était pas une rencontre facile croyez moi, j’ai résisté en dépit de ma blessure et nous avons pu faire la différence grâce au courage et la volonté de tous mes partenaires. »
Metref, qui a fait une rencontre pleine, motivé de surcroit par sa sélection en équipe nationale aura réussi à en surprendre plus d’un en cette soirée : « Je voudrais d’abord féliciter nos partenaires pour les efforts déployés et la volonté qui les animait. Les sentiments qui m’animent sont ceux de quelqu’un qui arriver à décrocher un tel trophée après le dérapage de Bamako et qui surgit avec un sentiment de devoir accompli qui donnera à coup sur un souffle nouveau à notre équipe et l’impulsera vers la réalisation d’autres objectifs tous aussi importants. Ceci est d’autant plus important quand on sait que cette rencontre déjà difficile, l’a été d’avantage par ce penalty quelque peu tiré par les cheveux et une expulsion à mon sens sévère de Hadj Aïssa au moment où on avait besoin de lui ».
Fahem Bouaza est on joueur comblé : « Nous avons joué la finale de la coupe de la CAF et nous l’avons perdu, nous avons joué celle de l’UNAF et nous l’avons remporté dans des conditions qui n’étaient pas très facile, je suis d’autant plus comblé qu’il s’agit pour moi du premier titre continental, je pense que c’est même extraordinaire, cela me rassure, cela me motive et cela me permet de dédier ce titre à tous nos supporters ».
Dans cette merveilleuse ambiance qui prévalait très tard dans la nuit au salon d’honneur de l’aéroport du 8-Mai 1945, Slimane Rahou revient sur cette formidable volonté qui animait l’équipe au départ de Sétif, de l’action du président qui a pu sauver le groupe après la dernière mésaventure africaine et de cette prestation du cœur et à 10 de surcroit qui a prévalue à Tunis. « C’est un trophée qui nous permettra sans nul doute de nous réconcilier avec notre public, un public que je souhaiterais voir revenir en masse pour nous supporter et nous aider à aller vers d’autres conquêtes, quand au penalty, je pense que l’arbitre a poussé un peu trop fort… »
Khaled Lemouchia, l’autre international de l’équipe ne cachait pas sa joie d’avoir remporté un tel trophée : « Dieu merci, nous avons pu remporter ce sacre au moment où tout le monde nous donnait perdant. C’est vous dire que rien n’est gagné ou perdu d’avance et que la volonté avec laquelle nous sommes rentré sur le terrain additionnée aux consignes de l’entraîneur ont fini par prévaloir et permettre à l’Entente d’en démentir plus d’un ! C’est une victoire qui sera indéniablement d’un impact positif, à l’effet de nous permettre d’aborder la suite à jouer dans d’excellentes conditions. Je pense que justice a été faite ce soir ».
F.Z.
Noureddine Bedoui (wali de Sétif) :
« Ce sont-là, je pense, autant d’indicateurs qui ne trompent pas et ne peuvent que me faire plaisir et m’animer du même sentiment de tout Algérien, fier des acquis de son pays. L’Entente de Sétif, qui n’est plus, je pense à présenter sur la scène sportive nationale, arabe et africaine à été ces dernières année un porte-flambeau du sport algérien et je m’en félicite en tant qu’Algérien, d’abord, et, wali, de cette wilaya où la démarche initiée par les hautes instances du pays et au niveau local a fini à notre grand bonheur, par nous donner autant de joie et autant de sérénité. Que l’Entente remporte aujourd’hui cette Coupe de l’UNAF, je considère que c’est un autre défi sportif cette fois qui a été relevé et qui s’inscrit dans la dynamique de l’Algérie qui gagne et qui laisse la porte ouverte à la réalisation d’autres défis tous aussi importants les uns que les autres. Cette nouvelle coupe de l’UNAF n’est donc pas sans me procurer beaucoup de joie et beaucoup de bonheur d’autant plus que tous ces jeunes de l’Entente sont parvenus à réaliser, en dépit de tout, une demi-saison exceptionnelle. C’est donc là, le fruit d’un travail accompli en dépit des insuffisances qui restent à parfaire, une récompense qui s’inscrit dans la dynamique du renouveau de notre foot ball. Il reste que la Coupe d’Algérie, qui est un des secrets de Sétif, constitue pour moi, un vœu cher ! »
[ via l’article d’origine ]
F.Z., elmoudjahid.com
publié, Lundi 21 Décembre 2009