Volley: les Français en outsiders à l’Euro 2009
Après un été mouvementé, l’équipe de France doit se contenter d’une étiquette d’outsider au Championnat d’Europe de volley-ball, qu’elle entame par un match difficile contre la Pologne, jeudi à Izmir.

Entre les joueurs appelés à la dernière minute pour pallier les blessures et ceux qui ont passé l’été à se soigner, comme le capitaine Oliver Kieffer, un gros tiers du groupe convoqué en Turquie n’a été présent que par intermittence pendant la période de rodage. « C’était une préparation un peu étrange. On sait qu’on n’est pas forcément prêt en configuration de match. C’est un petit challenge en plus », reconnaît l’attaquant Guillaume Samica, lui-même absent de la campagne de Ligue mondiale à cause d’un problème à l’épaule. La plus grosse inquiétude concerne le poste de passeur. Après le forfait du titulaire Pierre Pujol, victime d’une entorse a la cheville, le sélectionneur Philippe Blain s’est retrouvé coincé par la promesse qu’il avait faite de longue date à Loïc Le Marrec de le laisser prendre sa retraite internationale une fois acquise, mi-août, la qualification pour le Championnat du monde 2010.
Le Tourangeau n’ayant pas été inscrit sur la liste des sélectionnables, il a fallu faire appel à deux joueurs totalement dépourvus d’expérience internationale, le Parisien Yannick Bazin et le Toulousain Toafa Takaniko, pour tenir ce poste stratégique.
Dans ces conditions, les Bleus sont contraints à la modestie et osent à peine rêver de s’immiscer parmi les favoris pour le podium: la Serbie, la Russie, voire la Bulgarie, l’Italie et la Pologne, qui par chance sont tous de l’autre côté du tableau, à part les Polonais.
« J’aimerais que la France ressemble à l’Espagne d’il y a deux ans, dit Samica. Une équipe soudée, qui s’arrache sur tous les ballons et profite de ses atouts. »
L’équipe ibérique avait décroché le titre. Les Tricolores, eux, se contenteraient d’un billet direct pour l’Euro-2011, en finissant parmi les six premiers. Pour y parvenir, il faudra d’abord sortir d’une première phase de poule avec comme adversaire la Pologne (jeudi), l’Allemagne (samedi) et la Turquie (dimanche), la difficulté allant décroissant. Un succès sur le pays hôte devrait suffire pour passer à la seconde phase à six équipes, mais pour entretenir un espoir de demi-finales, il faudra aussi battre l’un des deux gros.
Contre l’Allemagne, les Français restent sur deux échecs, au Mondial-2006 et à l’Euro-2007. Contre les Polonais, c’est pire puisqu’ils ont encore la joue rougie par la gifle, sans conséquence car le ticket était déjà en poche, reçue il y a trois semaines au tournoi de qualification pour le Mondial (3-0). Pour inquiéter cette fois-ci les immenses Polonais, la France devra compter sur sa réception et sa défense, clés de ses succès passés. « Partout on nous dit qu’on est pénible à jouer parce qu’on ne lâche rien. Il faut que nos points forts restent les mêmes », assure Samica, qui aura son rôle à jouer dans ce domaine, aux côtés des spécialistes Stéphane Antiga et Hubert Henno.
[ via ]
Par AFP
El Watan, publié le 03/09/2009 à 13:26