Algérie – Des forums pour séduire Nouvelle fonction ?
Photo : Slimene SA.
Les journaux, face à la concurrence féroce des moyens audiovisuels et d’Internet plus rapides à diffuser et à réagir à l’information, ne se contentent plus d’être présents dans les kiosques.
Centre de presse d'El Moudjahid - Photo : Slimene SA.
Pour fidéliser des lecteurs, en attirer d’autres, on n’a pas hésité à lancer également des loteries. Qu’importe si l’acte d’achat soit motivé par l’espoir de décrocher le ticket gagnant que par le contenu ! Le Monde, le Figaro ont recours depuis quelques années à une vente concomitante plus prestigieuse. Le journal est cédé avec un DVD ou un roman classique. Ces techniques de vente dans notre pays ne sont pas encore employées à grande échelle. Pour autant, la conscience des nouvelles réalités qui ont conduit à leur émergence ailleurs s’est frayée chez nous son chemin. Les loteries d’El Khabar et d’Echourouk qui proposent aux gagnants des voitures, des Omras ou de l’électroménager ont dopé les ventes.
La visibilité et la valeur d’un journal ne se réduisent plus à son étalage chez le buraliste. Les forums avec un aspect commercial moins voyant ont fleuri dans diverses rédactions. Ils semblent répondre à cette nouvelle donnée dont tiennent compte de plus en plus les libraires. Un journal au delà de sa fonction classique d’informer se conçoit désormais comme un lieu d’échanges intellectuels, ambitionne de lancer des débats, d’enrichir la vie publique. El Watan depuis le lancement de sa formule « Débats » se tourne ainsi vers les chercheurs, les historiens qui se cantonnent souvent dans le cercle étroit des universités.
Si certains forums qui étaient très courus à l’exemple de celui du quotidien El Youm ont cessé, d’autres continuent d’attirer et Algérie News s’apprête à lancer des rencontres. Celui d’El Moudjahid est ainsi un rendez-vous quasi –quotidien ouvert qui attire beaucoup de confrères. Si à ses débuts, il était réservé souvent aux ministres, il a fini par s’intéresser à diverses questions autant la culture que l’économie ou la vie associative. Pour une entreprise des collections, des livres peuvent naître de ces retrouvailles. Liberté a défriché le terrain avec quelques titres. Dans un pays où les journalistes se plaignent à juste titre du tarissement des sources d’information, l’occasion d’une rencontre directe avec des responsables est précieuse.
Naguère, les ministres, les directeurs de grandes entreprises nationales recouraient à des interviews plus « encadrées ». Les chiffres relevant même de domaines stratégiques comme les hydrocarbures sont fournis à l’opinion publique. Dans un forum, la parole se libère davantage. La radio n’est pas en reste sur ses multiples chaînes nationales et locales même si les invités sont souvent, notamment sur les premières; triés sur le volet. Or sans ce piment qu’est la parole dérangeante et contradictoire, une émission s’affadit et un forum cesse de mériter son nom.
[ via l’article d’origine ]
Rachid Hammoudi, horizons-dz.com
publié, le 10 Mars 2010