La prime à la casse, bol d’air de l’industrie auto
Tous les pays qui l’ont mise en place enregistrent une augmentation des ventes de voitures.Ce sont les petits modèles, économes et propres, qui séduisent les clients.
La prime à la casse mise en place dans plusieurs pays pour aider les économies fragilisées par la crise, a fait un véritable carton. Et a donné de l’air à l’industrie automobile qui enregistre enfin de bons résultats de ventes, après plusieurs mois de marasme.

Aux États-Unis, 700 000 véhicules particuliers ont été vendus depuis le début de l’année grâce aux 3 139 € proposés pour l’achat d’un modèle économe en carburant. Dans les treize pays (sur vingt-sept) de l’Union européenne qui ont instauré un tel système (même si tous les pays ne distribuent pas forcément la prime contre l’achat d’une voiture « propre »), la tendance est la même.
En Allemagne, par exemple, le nombre d’immatriculations a augmenté de 26,8 % depuis le début de l’année. En France, c’est un petit 1,1 % (1 430 546 immatriculations). C’est mieux que rien.
330 000 véhicules
Ce succès a forcément un prix. Le gouvernement américain, qui a fermé le robinet des primes le 24 août, a dépensé l’équivalent de deux milliards d’euros. L’Allemagne, elle, a choisi d’y consacrer une enveloppe de 5 milliards (atteinte aujourd’hui).
La France a ouvert un guichet jusqu’au 31 décembre (la mesure sera sans doute prolongée de façon dégressive). À ce jour, 330 000 véhicules ont bénéficié de la prime de 1 000 € pour l’achat d’une voiture neuve émettant moins de 160 g de CO2 et de la mise au rebut d’une voiture de plus de dix ans. Soit un coût, provisoire, de 330 millions d’euros pour le gouvernement.
« La prime à la casse a reboosté les ventes de véhicules particuliers », confirme François Roudier, le directeur de la communication du Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA). Mais attention, pas de cocorico. « Les ventes de véhicules utilitaires et industriels ont enregistré des baisses considérables. » Jusqu’à¯30 %,¯40 %…
Si regain il y a, c’est surtout grâce aux classes « éco », compactes et peu consommatrices. Elles ont de plus en plus la cote.
Aux États-Unis, le coréen Hyundai, spécialiste de ces petits modèles, est le grand gagnant de la prime à la casse (+ 47 %). Les japonais Nissan et Toyota réalisent de bons scores (+ 14,2 % et 10,5 %). Du côté des marques américaines, seul Ford s’en sort (+ 17 % sur un an). Par contre, General Motors et Chrysler, tous deux en grandes difficultés, plongent (¯ 20,2 % et¯ 15 %).
Les petites françaises ont la cote
Côté français, les « petites » des groupes PSA (Peugeot-Citroën) et Renault (Renault-Dacia) sont aux huit premières places du « top ten » des ventes françaises (voir infographie). Des véhicules construits en France, mais pas seulement. La Clio de Renault est réalisée en France et en Slovénie. Pour la Mégane, c’est l’Espagne. Mais François Roudier précise que pour les plus externalisées (la Twingo par exemple, fabriquée en Slovénie), « 55 % des composants sont français ».
Pour le représentant du CCFA, la montée en puissance de ces nouveaux modèles « modifie profondément le marché ». Les constructeurs doivent, aujourd’hui, conjuguer environnement et pouvoir d’achat. Les voitures doivent être propres et pas chères. Les constructeurs français, à l’instar de leurs concurrents, s’inscrivent clairement dans cette stratégie.
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Par Yann BESSOULE
ouest-france.fr, publié le 05 septembre 2009