En raison du gel des dessertes vers l’Europe
Air Algérie perd 300 millions de dinars par jour
Plus de 64 vols à destination de l’Europe ont été annulés par la compagnie depuis vendredi dernier.
La paralysie des dessertes vers l’Europe a provoqué des pertes financières à Air Algérie. Pour les trois derniers jours, elles sont évaluées à 900 millions de dinars. Pour la seule journée de vendredi, la compagnie a comptabilisé une perte sèche de 300 millions de dinars. C’est l’estimation avancée par M.Boualem Annad, directeur de la division exploitation à Air Algérie et responsable de la cellule de crise installée par la compagnie.
S’exprimant hier sur les ondes de la Chaîne III, ce responsable a avancé que plus de 64 vols ont été annulés par la compagnie à destination de l’Europe. Ce qui a conduit à l’annulation des déplacements de 21.000 passagers prévus sur les lignes de la compagnie à destination de l’Europe. La fête a tourné au vinaigre pour la compagnie. Alors qu’elle comptait accroître ses recettes grâce au trafic généré par l’événement GNL 16, Air Algérie est en proie à une décrue. Des dessertes supplémentaires ont été prévues pour transporter les invités du GNL 16. Les dessertes vers Marseille et Nice ont été fermées hier matin. La liste s’est encore allongée pour toucher Rome, Barcelone et Alicante qui étaient programmées au courant de la journée.
Ce qui porte un coup dur aux finances de la société. Ce n’est pas tout. La compagnie n’exclut pas de rembourser le prix du billet à ses passagers. «Le président-directeur général a donné instruction pour procéder au remboursement des clients qui le désirent et l’annulation des pénalités», a affirmé l’invité de la Radio.
Avec la persistance du nuage induit par l’éruption du volcan islandais, les pertes risquent d’être énormes pour les compagnies aériennes. Air Algérie tente de traiter en priorité les cas des passagers algériens résidant en Europe afin qu’ils puissent rejoindre leurs lieux de résidence le plus tôt possible, ainsi que les participants au GNL 16 d’Oran, a expliqué Boualem Annad. « Lorsque cette crise se terminera, le programme d’exploitation d’Air Algérie va se mettre en place et les passagers qui ont réservé avant la crise seront prioritaires et il y aura des vols supplémentaires. Nous en avons les capacités. Le problème se pose au niveau de la capacité des aéroports européens à accueillir ce flux», a-t-il assuré.
Alors que le nuage risque d’atteindre le sud de l’Europe, Air Algérie étudie des options de secours pour maintenir le trafic aérien. « Nous sommes en train d’étudier dans le cas où le nuage arrivait en Méditerranée, la possibilité de délocaliser une base vers Hassi Messaoud afin de préserver l’activité économique de la région », a expliqué Boualem Annad. En attendant l’amélioration des conditions climatiques, les avions restent en stand-by. Hier, au niveau de l’aéroport international Houari-Boumediene, les guichets à destination de l’Europe étaient tous fermés. Ni départ ni arrivée.
Les couloirs qui grouillaient d’habitude de monde, étaient déserts. Seules les destinations Dubaï, Doha, Le Caire étaient en activité. Le guichet d’Air Algérie a été pris d’assaut par les passagers qui avaient un vol à prendre. Sur les visages des passagers, on lit frustration et panique. « Je dois me rendre en Hollande pour assister à un séminaire sur les médias et les droits de l’homme », affirme Boufis Moussa, militant des droits de l’homme qui était parmi la foule. Un émigré installé à Bordeaux, intervient: « Nous avons entendu à la radio l’annulation des vols, mais nous sommes venus pour nous renseigner davantage sur la reprise des vols ». Une question soulevée par les uns et les autres.
Or, nul ne sait la date de la reprise des vols. Le chef du centre d’exploitation au niveau de l’aéroport, Beldi Mohammed, rencontré sur les lieux, affirme qu’« aucun vol ne peut être programmé. Tout dépendra des conditions climatiques ». Or, la reprise du trafic s’annonce difficile pour la compagnie. A la question de savoir si un programme supplémentaire sera élaboré, notre interlocuteur affirme que les autorisations sont difficiles à obtenir car les aéroports européens sont saturés. « Toutes les compagnies demandent des vols supplémentaires », a-t-il ajouté en précisant que 17.000 vols ont été annulés en Europe.
[via] Nadia Benakli, lexpressiondz.com
publié, le 19 Avril 2010