Le Mondial : l’Angleterre déçoit encore
C : Angleterre – Algérie 0-0 Troisième match nul en 4 matchs dans ce groupe. Ni l’Angleterre ni l’Algérie n’ont en effet offert le moindre but aux 64.000 spectateurs. Ce score vierge, s’il n’élimine personne, ne fait l’affaire de personne non plus. Le podcast de Christophe Berti
Riad Boudebouzn, Emile Heskey et Karim Matmour © Martin Mejia/AP
L’Angleterre a peut-être payé la note d’un excès d’arrogance en étant mise en échec par l’Algérie (0-0), vendredi au Cap, sans convaincre sur le plan du jeu.
Les Anglais n’ont pu offrir qu’un deuxième point, après le nul contre les Etats-Unis (1-1), la suspension de Jamie Carragher au prochain match et une copie encore brouillonne à leur sélectionneur italien Fabio Capello, le jour de ses 64 ans. Mais ils ont encore leur destin en main : une victoire sur la Slovénie lors de l’ultime journée, leur assurerait à coup sûr une qualification en 8es.
L’Algérie s’est elle taillé un petit morceau de gloire en tenant tête aux cadors de Premier League, même s’il a fallu qu’elle s’emploie à la fin, submergée par les vagues blanches lancées par un Steven Gerrard à la hauteur. Le dédain non feint des Anglais a sûrement nourri l’orgueil blessé des Algériens.
Les Fennecs ont d’abord profité d’un jeu anglais mal huilé, d’un Lampard aux abonnés absents, d’un Rooney hors sujet et d’un Barry d’une lenteur confondante pour donner le ton avec des passes courtes, sans créer un grand danger.
Une frappe de Ziani (35e) après une perte de balle de Barry faisait quand même passer des frissons dans le dos de la large colonie anglaise.
Alors que le sélectionneur Fabio Capello s’était rangé à la vox populi en défaisant Robert Green de ses galons de titulaire après son énorme bourde contre les Etats-Unis, c’est son remplaçant David « Calimity » James, bientôt 40 ans, qui s’est presque montré l’Anglais le plus rassurant.
Pendant que Johnson et Lennon buvaient le bouillon face à Ziani et Belhadj à droite, peu de passes et de centres anglais trouvaient preneur.
La première action construite anglaise est venue à la demi-heure de jeu, entre Rooney et Gerrard, ponctuée d’une frappe de ce dernier qui échouait sur M’Bolhi (30e). Le même M’Bolhi veillait sur une frappe du gauche de Lampard à 10 mètres face au but puis sur une autre cadrée de Barry (39e).
Une perte de balle de Ziani offrait à Lampard et Gerrard une belle occasion de but sur contre-attaque mais la mésentente était patente (55e). Reste que l’Angleterre continuait de partir à l’abordage, sans arriver à y associer Rooney, parfois initiateur mais jamais finisseur. Et souvent maladroit.
L’Algérie donnait des signes de faiblesse certains à partir de l’heure de jeu et Gerrard prenait les commandes des opérations : service idéal pour Heskey (70e), tête cadrée sur le corner suivant (71e), passe inspirée pour Defoe (75e), pour un tir encore contré.
Complètement repliés, les Fennecs tenaient bon et l’entrée de Crouch (84e) n’y changeait strictement rien.
« Nous n’avons pas fait un bon match. On a raté beaucoup de gestes et près de la surface, on a manqué de réalisme même si ce n’était pas facile de trouver l’espace car l’Algérie a joué avec un seul attaquant et beaucoup de milieux. Je pense que la pression de la Coupe du monde est immense. Les joueurs s’entraînent très bien mais pendant nos deux matchs (contre les Etats-Unis et l’Algérie), je n’ai pas vu la même chose. Mais j’ai dit aux joueurs qu’on avait encore une chance de pouvoir aller de l’avant lors du troisième match, le nul des Etats-Unis contre la Slovénie (2-2) fait notre affaire. »
Mais que faudra-t-il changer contre la Slovénie mercredi ?
« J’espère que je verrai l’équipe d’Angleterre sur le terrain. Car là, ce n’est pas l’Angleterre que je connais. J’ai revu aujourd’hui les même choses que j’avais vues quand j’ai commencé à entraîner l’équipe. J’espère qu’on va arrêter de jouer avec la peur. C’est incroyable les erreurs des joueurs, les contrôles et les passes faciles manqués… Incroyable à leur niveau. Peut-être que la pression est si forte qu’elle affecte la performance des joueurs. »
Pour Capello, le problème est que « nous ne sommes pas assez bons collectivement. J’espère qu’une belle performance (contre la Slovénie) va venir et qu’après les joueurs auront l’esprit libéré et qu’on jouera comme l’Angleterre que je connais. »
(D’après AFP.)
[via] lesoir.be