Mondial 2010. David Villa envoie l’Espagne en demi-finale
L’Espagne s’est sortie in extremis du piège paraguayen (1-0) samedi à l’Ellis Park de Johannesburg pour s’offrir une demi-finale de Coupe du monde contre l’Allemagne, mercredi prochain à Durban.
David Villa s'est une nouvelle fois distingué en marqaunt l'unique but de la rencontre. Une réalisation (sa cinquième) qui lui permet de prendre, seul, la tête du classement des buteurs. Reuters
Les champions d’Europe en titre, parmi les favoris du tournoi, se sont imposés dans le dernier quart de finale du Mondial sud-africain par David Villa à la 83e minute, qui prend seul la tête du classement des buteurs avec cinq buts.
Le match, au scénario d’abord prévisible d’une équipe espagnole cherchant les clés du cadenas paraguayen, a basculé soudainement dans le drame à rebondissements lorsque l’arbitre guatémaltèque Carlos Batres a sifflé deux penalties en l’espace de cinq minutes, manqués par chacune des deux équipes.
Ce coup du sort à l’heure de jeu a donné un coup d’accélérateur à la rencontre et la Roja a fini par se dégager des filets que lui tendaient à la perfection l’équipe sud-américaine grâce à l’opportunisme de Villa.
Les Espagnols affronteront l’Allemagne, probant vainqueur de l’Argentine (4-0) dans l’autre quart de finale du jour, mercredi à Durban pour une place en finale, la première de leur histoire s’ils parvenaient à prendre le meilleur de la Mannschaft.
Le Paraguay quitte lui sa quatrième Coupe du monde d’affilée avec la satisfaction d’avoir enfin dépassé les huitièmes de finale, mais peut-être aussi le regret d’être passé tout près d’un nouvel exploit.
Cinq minutes d’anthologie
Face à une équipe d’Espagne inchangée, le sélectionneur de l’Albirroja, Gerardo Martino, a procédé à six changements par rapport à l’équipe qui avait entamé le huitième de finale contre le Japon, conclu aux tirs au but après 120 minutes d’ennui.
En pointe, Roque Santa Cruz et Lucas Barrios ont laissé la place à Nelson Valdez et Oscar Cardozo. Mais pour le reste, la tactique du Paraguay, adepte du «catenaccio» et de la contre-attaque, reste invariablement la même.
C’est pourtant l’Albirroja qui se signale d’entrée de jeu par une frappe cadrée de Jonathan Santana dès la 2e minute, mais Iker Casillas est vigilant. Le Paraguay signe même la première occasion du match, quand Antolin Alcaraz est un peu trop court sur un long centre plongeant.
L’Espagne s’installe peu à peu, Andres Iniesta joue les distributeurs et David Villa côté gauche, puis Fernando Torres côté droit, commencent à s’engouffrer dans les couloirs. La Roja s’approche et alerte Justo Villar par Xavi, dont la frappe instantanée passe au-dessus de sa transversale (28e).
Mais sur un contre, et un long centre de Claudio Morel, Santana manque de peu de reprendre le ballon de la tête. Nelson Valdez croit ouvrir le score mais le but est refusé pour une position de hors-jeu (40e), puis il manque une nouvelle franche occasion après une chevauchée de trente mètres, mais rate complètement son tir.
A la mi-temps, l’Espagne ne maîtrise encore rien de cette rencontre. Dix minutes après la reprise, Cesc Fabregas remplace Fernando Torres (55e) pour redonner du souffle aux champions d’Europe en titre. Le match traverse alors cinq minutes d’anthologie.
L’Albirroja obtient un penalty pour une faute de Gerard Piqué qui retient le bras d’Oscar Cardozo (58e). L’attaquant de Benfica se charge de le transformer mais sa frappe trop lisible est bien captée par Casillas.
Une minute plus tard, l’arbitre désigne le point de penalty adverse pour une faute d’Alcaraz sur Villa parti seul dans la surface. Xabi Alonso le tire, marque, mais doit le retirer, des joueurs espagnols étant rentrés dans la surface. Et l’incroyable se produit à nouveau, quand Justo Villar repousse le ballon retiré par le milieu de terrain du Real Madrid.
Vexé, Andres Iniesta manque d’ouvrir enfin le score par une frappe enroulée que Justo Villar, survolté, repousse du poing (63e). Mais la Roja trouve enfin la clé à sept minutes de la fin du temps règlementaire. Andres Iniesta slalome dans l’axe, décale Pedro de l’extérieur du droit.
La frappe de l’attaquant du Barça rebondit sur le poteau, mais le ballon repart vers David Villa, qui se charge d’achever le travail avec l’aide du poteau rentrant. L’Espagne croit maîtriser enfin cette partie, comme libérée, mais le Paraguay n’a pas dit son dernier mot.
Avec aplomb, il défie encore la Roja dans les derniers instants et manque d’égaliser quand un tir de Lucas Barrios est repoussé par Casillas et trouve Roque Santa Cruz en embuscade, qui se heurte au portier du Real.
[via] ouest-france.fr