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France – Le marché du halal ouvre des appétits

Le ramadhan a commencé hier. Le business grandissant de l’alimentation rituelle musulmane fait saliver les grandes surfaces. Mais elles se montrent ambiguës dans leur stratégie de communication.

Pour la viande « halal », l'abattage doit se faire selon un rituel très strict. Problème : en France, il n'existe pas de norme unique et les organismes de certification se sont multipliés.

Viande halal en tête de gondole, semoule de couscous au kilo, curry, sésame, piment… Dans les rayons du Carrefour Alma de Rennes, les produits du catalogue Mille et une saveurs sont mis en avant, à grand renfort d’écritures arabisantes, de photos ensoleillées.

Le Ramadhan, moment fort de la consommation de produits halal ( l’alimentation permise par la loi islamique ), a débuté hier. Un business juteux : le chiffre d’affaires de ce secteur est évalué à 5,5 milliards d’euros en 2010. Sa progression, en partie liée à l’augmentation de la population musulmane, est fulgurante : l’agence Solis, spécialisée dans le marketing ethnique, évalue à 15 % la croissance annuelle du marché.

« Stricte neutralitépolitique et religieuse »

En 1999, Baker Aldilaimi, Nantais, a fondé le groupe Baker, spécialiste de l’alimentation rituelle musulmane. En février, il a lancé son premier supermarché 100 % halal, à Saint-Herblain ( Loire-Atlantique ). Dans les rayons : des pièces de viande, bien sûr, mais aussi des pizzas, burgers, cordons bleus et autres plats préparés.

Son succès est tel qu’il prévoit déjà trois nouvelles ouvertures dans l’Ouest : à Cholet et Vannes, avant la fin de l’année, à Rennes ensuite. « Personne ne voulait s’aventurer dans le halal il y a trois ans, se souvient-il. Maintenant, la grande distribution veut sa part du gâteau. »

Certaines grandes et moyennes surfaces (GMS) ont même créé leur propre marque halal : c’est le cas de Casino avec la gamme Wassila. Mais la plupart jouent encore la carte de la discrétion. Ainsi, à aucun moment, le catalogue Mille et une saveurs de Carrefour, disponible jusqu’au 11 septembre, n’évoque le mois saint des musulmans. « Carrefour propose une offre adaptée pour le Ramadhan », explique un porte-parole, mais met en avant sa « stricte neutralité politique et religieuse » pour justifier le fait qu’il n’utilise pas le terme dans son catalogue.

Car si le business du halal fait saliver les GMS, elles demeurent très frileuses, craignant de heurter leur clientèle non-musulmane. Cela reste compliqué de « développer un réel marketing envers la population musulmane, alors que les campagnes de pub ciblant certaines catégories de la population sur des critères culturels ou religieux peuvent être mal perçues et assimilées à du communautarisme », expliquait une étude du cabinet Xerfi, publiée en novembre.

Comme Carrefour, Auchan lance une opération spéciale, avec des promotions, chaque année, lors du Ramadhan… mais n’insiste pas non plus sur la dimension religieuse de l’offre. Lidl propose même, ce mois-ci, des vins du Maroc à prix réduits, bien que la consommation d’alcool soit interdite pendant le mois de jeûne… « Les magasins essayent de ménager la chèvre et le chou en faisant une communication orientalisante, estime Jean-Christophe Despres, fondateur de l’agence de la communication Sepi. Mais avec le danger de ne parler à personne. »

[via] Sylvain Morvan, ouest-france.fr

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