La biodiversité s’invite dans la lutte contre la pauvreté
Récolte de blé en Inde, en mars 2009. Ajit Solanki/AP/SIPA
La préservation des espèces permettrait de réduire la faim dans le monde…
Céréales, bétail, légumes,… La biodiversité, c’est aussi ce qu’on mange. En marge du sommet des Nations unies sur les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), une réunion sur la biodiversité a eu lieu à New York mercredi. Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies, a sonné l’alarme: le monde ne parvient pas à freiner le rythme inquiétant auquel les espèces animales et végétales disparaissent.
L’objectif pour 2010 « ne sera pas atteint »
« Préserver les espèces et les écosystèmes de la planète de même que les bienfaits qu’ils apportent est crucial pour un développement durable et les objectifs du millénaire pour le développement », a souligné Ban Ki-moon devant les chefs d’Etat et de gouvernement réunis à New York.
Mais la situation est alarmante:
« Le déclin global dans la biodiversité s’accélère.
La raison est simple:
les activités humaines, les vôtres, les miennes, celles de chacun », a souligné le secrétaire général des Nations unies. Les plus touchés par la perte de la biodiversité sont les pauvres, a ajouté Ban Ki-moon, notant que « trop de gens ne comprennent toujours pas les implications de ces destructions ».
2010, année internationale de la biodiversité, devait être une date butoir pour réduire le rythme d’extinction des espèces. Mais pour Ban Ki-Moon, « l’objectif pour 2010 ne sera pas atteint ». Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a souligné l’échec de la mobilisation internationale: « Nous avons collectivement manqué l’objectif de 2010 pour la biodiversité. Au contraire, nous continuons à perdre de la biodiversité à un rythme sans précédent ».
Agir face à la sixième grande vague d’extinction
A l’approche du sommet de Nagoya, au Japon, qui réunira en octobre les gouvernements du monde entier autour de la question de la biodiversité, José Manuel Barroso a appellé à l’action: « Nous sommes à la croisée des chemins: soit nous prenons des initiatives concertées pour inverser la perte en biodiversité le plus tôt possible, soit nous compromettons notre avenir et celui des générations qui ne sont pas encore nées ».
De nombreux scientifiques estiment que la terre se trouve à la veille de la sixième grande vague d’extinction de son histoire. Selon les Nations unies, le rythme annuel de perte d’espèces due aux activités humaines est « plus que 100 fois supérieur à celui de l’extinction naturelle ».
[via] Audrey Chauvet avec AFP, 20minutes.fr