Eco-conduite
Consommer moins en maîtrisant son véhicule
Optimiser sa conduite pour consommer moins. Le concept d’éco-conduite semble avoir encore de beaux jours devant lui. Une auto-école de l’Aire urbaine proposera le mois prochain, une formation spéciale ouverte aux automobilistes.
Modifier les habitudes, faire évoluer les comportements. Durant la semaine de la mobilité et de la sécurité routière qui s’achève aujourd’hui, la notion d’éco-mobilité a tenu le devant de la scène. Véhicule hybride, covoiturage, vélo, le slogan « Bougez autrement » s’est décliné sous de nombreuses thématiques. Dernière venue : l’éco-conduite.
Le principe est simple : réduire sa consommation de carburant, économiser sa voiture en apprenant à conduire différemment. « L’idée est de montrer qu’en maîtrisant sa conduite et en optimisant la mécanique, on peut consommer moins tout en préservant les performances. Les tests ont montré qu’on peut économiser près de 7 litres pour 100 km sans perdre de vitesse.
Un label pour les chauffeurs de la CAPM
On savait depuis longtemps qu’il y avait beaucoup d’économies à faire sur la conduite. On manquait simplement de moyens de mesures qui nous permettent de proposer une formation adaptée », résume Vincent Eisen, patron des auto-écoles du même nom. Des formations pour apprendre à conduire à l’économie ont vu le jour l’an passé. Les auto-écoles Eisen proposent ainsi un module d’« éco-conduite » pour les chauffeurs de poids lourds depuis septembre dernier. Une formation ouverte aux automobilistes sera mise en place le mois prochain. « On est prêt, on attend seulement les appareils de mesure adaptés pour lancer la formation », précise-t-il.
Apparu l’an passé, la notion d’éco-conduite commence à faire son chemin. Jusque dans les collectivités. « On a été sollicité par la CAPM (NDLR : Communauté d’agglomération du Pays de Montbéliard) pour former une cinquantaine de conducteurs de camions. On a également fait une première session de formation chez un transporteur de l’Aire urbaine. Le résultat est satisfaisant puisqu’ils en ont commandé une seconde pour la fin d’année », rapporte Vincent Eisen.
Une économie de 7 litres aux 100 km
Une heure de conduite initiale sur un parcours type afin de mesurer les « défauts » de conduite, deux heures de formation théorique avant de retourner sur la route afin d’effectuer, sur le même parcours, de nouvelles mesures et d’apprécier l’évolution. « Nous disposons d’un programme informatique qui permet de recueillir un nombre important de données précises et d’établir un rapport technique fixant un état des lieux auquel on associe un rapport comportemental spécifique », explique le patron de l’auto-école.
Nombre de coups de freins, d’accélérations, courbe de régime ou de couple moteur, tout est mesuré, quantifié. Pour un gain significatif. « Ça dépend du conducteur que vous êtes au départ mais un jeune qui vient d’avoir le permis ou une personne qui a une conduite un peu sportive peut économiser jusqu’à 7 litres pour 100 km, mais quelqu’un qui a une conduite un peu plus tranquille peut économiser au moins 3 litres aux 100 km », estime Vincent Eisen.
Economique et écologique, cette méthode s’inscrit également dans la démarche sécurité routière. « Le propre de l’éco-conduite est de ne pas tomber dans les situations d’urgence. Cette méthode de conduite repose essentiellement sur l’anticipation, sur une meilleure gestion du véhicule et de son environnement », conclut Vincent Eisen.
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Par Jérôme Gil
lalsace.fr, publié, le 22/09/2009 à 05h45