Prenant acte du recadrage de la réglementation économique
Les Français veulent des projets ciblés
Photo : Riad
Les chefs d’entreprise français, tout comme la majorité des opérateurs étrangers, n’ont pas apprécié certaines dispositions contenues dans la LFC 2009, à commencer par le 49/51 et les 30% de parts attribuées aux nationaux, dans les sociétés commerciales à monter en association. Le 49/51, une formule répandue pourtant dans beaucoup de pays, les monarchies du Golfe en tête, avait fait des mécontents, beaucoup de mécontents. Elle tombait au mauvais moment, pour des opérateurs étrangers à la recherche d’investissements en dehors de leurs frontières, dans un contexte de crise mondiale.
Des opérateurs qui voyaient, avant la LFC en question, en l’Algérie une bonne adresse – avec des réserves de changes jamais égalées, le pays est plus que solvable – pour faire du commerce, et, si c’est nécessaire, engager des investissements. Il aura fallu une période de passage à vide pour que l’orage passe. Les affaires reprennent, une cohorte d’investisseurs étrangers, et pas seulement français, introduisant dans leurs tablettes des projets en Algérie. Aujourd’hui, la parenthèse liée à la LFC 2009 semble avoir été fermée ou presque. Français, Allemands, Italiens, Espagnols, entre autres, essayent de s’adapter à la nouvelle architecture législative.
La nouvelle réglementation introduite par les autorités algériennes dans la sphère économique et commerciale, le Medef, par exemple, en prend acte et essaye de s’y acclimater. C’est l’une des déclarations de Laurence Parisot, en visite à Alger, il y a un peu plus d’un an. Mme Parisot estimait qu’on « comprend » l’adoption de ces mesures, parce que tout le monde y est soumis ; les entreprises françaises « n’en font pas exception ». Pragmatique, elle affirmait qu’il faut « continuer à investir en Algérie, à y venir ». La présidente du Mouvement des entreprises de France avait noté qu’il fallait « savoir travailler dans le cadre de ce nouvel environnement ». Selon elle, il « n’y a aucun problème » entre les entreprises hexagonales et algériennes ; au contraire, il y a des choses qui se font. Ce dont le Medef est sûr, c’est que les opérateurs français veulent plus d’investissements en Algérie. Ils veulent également des branches ciblées, porteuses, et c’est normal. Plus de trois cents entreprises hexagonales, tous secteurs confondus, sont présentes en Algérie. Elles représentent, toutes proportions gardées, le gros des investissements étrangers en Algérie.
Partenaire traditionnel de l’Algérie, la France est le seul pays à avoir installé une personnalité (Jean-Pierre Raffarin), chargée des questions économiques qui concernent les deux pays. Reste cependant à savoir si ce choix apporte du sang neuf au bilatéral dans son versant économique et commercial. Pour l’instant, rien n’a filtré sur les dossiers ayant le caractère prioritaire, épluchés par Raffarin.
[via] Youcef Salami, latribune-online.com