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L’Algérie veut préserver l’image de son économie ouverte

Entre souverainisme nécessaire et dirigisme éculé, le choix est fait

Photo : Riad

Face au différend opposant l’Etat algérien à Orascom Telecom Algérie (OTA), un avis d’appel d’offres international, pour le choix d’un partenaire devant piloter l’opération d’acquisition d’OTA a été lancé.

C’est le ministère des Finances qui avait, en effet, lancé cet avis à l’intention des « banques d’affaires et cabinets d’expertise internationaux spécialisés, seuls ou constitués en groupement », pour le choix d’un partenaire devant l’accompagner dans « l’opération d’acquisition par l’Etat algérien de la société Orascom Telecom Algérie ». L’identité des soumissionnaires sera connue demain, date butoir pour l’ouverture des plis. Il est utile de noter que les éventuels candidats intéressés par cet appel d’offres international devaient faire une offre technique et une autre financière.

Le secteur des télécommunications est assez stratégique pour le laisser à la libre concurrence et aux caprices du marché boursier. C’est à ce titre que l’Etat algérien a introduit dans sa législation son « droit de préemption », qui lui donne le droit d’acquérir une entreprise appartenant à un investisseur étranger et mise en vente. Certains économistes et financiers se demandent pourquoi l’Algérie tient tant à acquérir Djezzy, estimant que la priorité de l’Etat est ailleurs et qu’une seconde entreprise de téléphonie publique n’est pas utile pour l’Etat, d’autant plus qu’il s’agit de rationaliser les dépenses publiques.

Selon cette approche, l’Algérie risque de verser au moins quatre milliards de dollars qui peuvent être utiles dans un autre projet plus porteur économiquement et socialement. Certes, l’Algérie conteste l’évaluation faite par le consortium russo-novergien, d’où son recours à un bureau d’expertise international, mais il s’agit plus d’une question de sécurité nationale que d’argent. D’autres observateurs se sont demandés pourquoi l’Etat ne veut pas recourir à la nationalisation de Djezzy, comme le souhaite le PT. Si, juridiquement, l’Algérie peut en effet opter pour la nationalisation, politiquement, cette option n’est pas rentable.

Les dispositions de protection de l’économie nationale, contenues dans la LFC de 2009 et celle de 2010 et dans la LF de 2011, ont déjà suscité des réactions hostiles de la part de certains partenaires étrangers qui crient à qui veut les entendre que l’Algérie a remis en cause ses options libérales au profit du dirigisme des années soixante-dix et quatre-vingt. Autant le souverainisme est légitime quand l’économie est en difficulté et quand les investisseurs étrangers sont plus spéculatifs que créateurs de richesses et d’emplois, autant la nationalisation est une option à risque de nature à porter atteinte à l’image du pays et l’isoler économiquement. L’Algérie a donc préféré recourir à l’arbitrage financier international pour une évaluation objective et neutre des actions de Djezzy et éviter, ainsi, des procès d’intention dont elle peut faire l’économie.

[via] Abdelkrim Ghezali, latribune-online.com

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