France – Les trois-quarts des collégiens sont sur Facebook

Détrônés, les messageries et les blogs. Les collégiens et quelques écoliers de cours moyen ont adopté le réseau social Facebook.
Le lieu virtuel est public. On ne peut pas y dire n’importe quoi…
Combien de collégiens sont aujourd’hui sur Facebook ?
75 % des collégiens sont inscrits. Soit deux fois plus qu’en 2008-2009. Un vrai boum. Les MSN et les blogs sont détrônés. C’est d’autant plus curieux que Facebook est un outil qui n’est pas conçu visuellement pour plaire aux jeunes. Il est plutôt destiné aux adultes et il est interdit aux moins de 13 ans. Pourquoi ça marche chez les collégiens et même, de plus en plus, en CM1-CM2 ? Parce que les collégiens imitent les lycéens, qu’ils ont envie d’être vus.
Pourquoi les collèges font-ils appel à vous ?
Le grand classique, c’est le groupe créé pour lyncher un prof. Là, les élèves vont carrément sur le terrain de la diffamation. Je suis assez admiratif du comportement des enseignants, qui ont presque toujours le réflexe de s’interroger plutôt que de déposer plainte. Car ce comportement révèle un problème. À force d’entendre les adultes (parents, médias…) parler de monde virtuel pour Internet, les collégiens finissent par croire que c’est vrai. C’est aberrant. Facebook, c’est tout sauf virtuel : c’est LE message à faire passer. On n’insulte pas un prof en classe, on ne le fait pas non plus en ligne. Ça a les mêmes conséquences. Quand on invite à un apéro géant, vous croyez que c’est virtuel ?
Concrètement, qu’expliquez-vous aux collégiens ?
Avec les réseaux sociaux, en un clic, on répand une information à des centaines de personnes, rien à voir avec MSN. Une insulte sur Facebook, c’est comme si on se faisait injurier avec un haut-parleur dans la cour de récré. Pas étonnant, alors, que les réactions soient démultipliées, plus violentes : l’humiliation, en devenant publique, est insupportable.
Propos recueilli par Agnès Clermont.
[via] ouest-france.fr
Designed by zitoprod.