2010, année record des catastrophes naturelles
Dominées par le séisme en Haïti, les catastrophes naturelles ont été particulièrement dévastatrices en 2010. Elles ont fait dans le monde 295 000 morts et 130 milliards de dollars de dégâts.
Près d’un an après le tremblement de terre en Haïti, les maisons effondrées restent des tas de ruines, l’aide arrive mal ou pas, la misère, la maladie et la peur règnent. Photo : Reuters
Un bilan bien supérieur à la moyenne des trente dernières années, selon le réassureur allemand Munich Re, dont le rapport annuel publié lundi fait référence.
950 catastrophes naturelles en 2010
Au total, 950 catastrophes naturelles ont frappé la planète, un chiffre bien supérieur à la moyenne de ces trente dernières années (615 catastrophes annuelles, 66 000 morts par an, 95 milliards de dollars de dégâts). L’année a été marquée par une assez rare accumulation de tremblements de terre importants, et par un nombre élevé de catastrophes liées au climat, qui semble indiquer une poursuite du réchauffement climatique. Ces catastrophes de 2010 ont fait quatre fois plus de victimes que la moyenne des catastrophes depuis 1980 : 295 000 morts contre 66 000 en moyenne, et ont été plus coûteuses (130 milliards de dollars de dégâts contre une moyenne de 95 milliards).
Catastrophe la plus meurtrière : le séisme en Haïti
Les catastrophes les plus meurtrières furent le tremblement de terre en janvier 2010 en Haïti (222 570 morts et 8 milliards de dollars de dégâts), la vague de chaleur et les feux de forêts de l’été en Russie (56 000 morts), et le tremblement de terre d’avril en Chine (2 700 morts). Le séisme en Haïti, l’un des plus important depuis un siècle, n’a toutefois « entraîné que des pertes négligeables pour l’industrie de l’assurance, comme c’est souvent le cas dans les pays en développement », peu de biens et de personnes y étant assurés, souligne Munich Re. Côté pertes matérielles, le séisme en février au Chili, qui a causé 30 milliards de dollars de dégâts et fait 520 morts, fut le phénomène le plus dévastateur, suivi des inondations de juillet à septembre au Pakistan (9,5 milliards de dollars de dégâts et 1 760 morts).
Tempête Xynthia en Europe, tornades aux États-Unis
Dans les pays les plus développés, les catastrophes ont été peu meurtrières, mais très coûteuses et avec de lourdes conséquences pour les assureurs. L’Europe occidentale a été balayée par la tempête Xynthia en février (65 morts, 6,1 milliards de dollars de dégâts) et les Etats-Unis par des tornades, pour un total de 4,7 milliards de dollars.
De nouvelles saisons difficiles attendues dans les années à venir
Si les ouragans ont été relativement peu dévastateurs, le réchauffement des océans, « qui ne peut plus être expliqué seulement par les oscillations naturelles (mais auquel) contribue probablement le réchauffement climatique » promet de nouvelles saisons difficiles dans les années à venir. Munich Re n’a par ailleurs pas encore pu chiffrer le coût des inondations qui submergent une partie de l’Australie depuis décembre.
L’un des événements qui a le plus retenu l’attention des médias, l’éruption du volcan islandais Eyjafjallajökull en avril, a paralysé le trafic aérien européen pendant des semaines et fini par coûter « des milliards » aux compagnies aériennes. « Les compagnies aériennes auraient pu être assurées » et éviter ces pertes, déplore Munich Re, dont le métier est de proposer à la fois des contrats d’assurance et de réassurance, c’est-à-dire apporter une garantie aux autres assureurs.
Son grand concurrent suisse Swiss Re, prenant en compte également les catastrophes du fait de l’homme (accidents, ou explosion de la plate-forme pétrolière Deep Water Horizon de BP par exemple), avait indiqué en novembre s’attendre pour 2010 à 222 milliards de dollars de dégâts pour l’économie, et 260 000 décès.
[via] ouest-france.fr