La défaite de l’Algérie, vue par la famille Ziani
À Belleville, le clan du milieu de terrain algérien a vécu intensément la demi-finale des Fennecs, face à l’Egypte…
Au moindre dribble, à la moindre accélération, son visage se crispe. Parfois, ses mains s’agitent. Blotti dans un coin de son local, Boulevard de Belleville, Rabah Ziani est hypnotisé par le match de son fils, Karim. Autour de lui, ils sont quelques dizaines, entassés sur des chaises et braqués sur ce triste Algérie – Egypte. Une demi-finale de la CAN vécue intensément très loin de l’Angola, sur Al Jazeera Sport, le diffuseur arabe du tournoi.
>> Revivez la demi-finale Egypte-Algérie en live comme-à-la-maison par ici
Dans cette épicerie, le centimètre carré d’espace libre est cher. « Il n’y a pas de chaise libre mais au moins, il y a l’ambiance », glisse un fidèle du lieu. A chaque sortie des Fennecs, le clan Ziani se réunit dans cette salle exiguë où s’entassent des oncles, des cousins, des amis, et même l’entraîneur qui a couvé le joueur chez les poussins, à Colombes. Seule la maman n’est pas là. « Il n’y a que des hommes ici, mais, elle regarde, confie Rabah. Quel Algérien n’est pas devant sa télé pour un match comme celui-ci? »
« Karim, parce que c’est mon fils »
Malgré la défaite, inutile de demander si le numéro 15 algérien a réussi son match. « Tu me demandes si mon fils est bon. Evidemment, c’est le plus beau, c’est le plus fort parce que c’est mon fils ». Personne n’oserait reprocher quoi que ce soit au joueur de Wolfsburg, dont les posters ornent les murs. « Si l’Algérie est arrivée là, c’est grâce à lui, confie un cousin. Les autres aussi, mais on va dire, qu’à 80% grâce à lui ». L’avis ne se discute pas.
Drapés de vert et blanc, certains ont pourtant cru que l’exploit était possible. D’autres ont prié, chanté. Mais les «Pleure l’Egyptien! Pleure l’Egyptien!» et les «One, two, three, viva l’Algérie!» se sont vite éteints. Étouffés après le penalty transformé par Hosni. Les trois autres buts des Pharaons, eux, ont convaincu un ami de rentrer chez lui. Quelques insultes en arabe fusent. Le drapeau ne s’agite plus.
Rendez-vous au Mondial
Dans son coin, Rabah semble anéanti. Il prend tout de même la peine de dédicacer les photos de son fils. « J’ai la même signature que lui…» Sur un meuble qui ramasse la poussière, les verres de thé se vident. Les fans du « petit Karim » jurent en direction de la télé et tentent déjà de se consoler: « De toute façon, nous on s’en fiche on va en Coupe du monde ». Dans le local de la famille Ziani, le rendez-vous est déjà pris.
[ via l’article d’origine ]
Romain Scotto, 20minutes.fr
publié, le 28 Janvier 2010