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Alger, ville fantôme au premier jour de l’aïd

Alger, Boulevard Amirouche - Photo : algerieautrefois.com

Après le tohu-bohu qui a précédé le jour de l’Aïd, les quartiers de la capitale ont subitement sombré dans un calme étonnant. En effet, au premier jour de la fête du sacrifice (Aïd El Kebir), les banlieues et le centre de la capitale affichaient une ambiance étrangement sereine, sinon une tranquillité qui contrastait avec l’agitation habituelle qu’on leur connaît.

La rue Didouche-Mourad, considérée comme le coeur palpitant de la capitale car ordinairement fourmillante et regorgeant de voitures et de piétons se fondant dans un inénarrable charivari, présentait l’image d’un quartier désert, hier matin vers 9 heures.

Le boulevard Amirouche, principale artère traversant Alger-Centre d’est en ouest, était également quasiment déserte. En fait, le tout-Alger avait quelque chose de réellement saisissant pour qui connaît El Bahdja. Il fallait s’enfoncer au plus profond des quartiers d’habitation pour espérer trouver trace de vie en cette journée du 6 novembre, où le mercure a accusé une baisse sensible.

Au bas de tous les immeubles, l’on pouvait observer une sorte de foisonnement quasi silencieux. Réunis en grappes, des pères de famille attendaient que le mouton égorgé finisse de se débattre pour entreprendre son dépouillement.

D’autres s’employaient à vider la bête, certains vitupéraient contre leurs enfants qui tardaient à ramener la bassine d’eau chaude pour les tripes et les abats, pendant que d’autres encore cherchaient désespérément des yeux le « volontaire » qui voudrait bien immoler le mouton et, si possible, aider au dépouillement.

Tout cet empressement, somme toute bon enfant, était émaillé d’accolades et d’échanges de bons voeux sauf pour ceux qui s’étaient déjà rencontrés une heure plus tôt à la mosquée, au sortir de la prière de l’Aïd.

En moins de temps qu’il n’en fallait au bélier pour pousser son ultime râle, des carcasses étaient déjà accrochées aux balcons ou fixées sous des tonnelles qui abritaient les cours des maisons. Le charbon de bois commençait à crépiter dans les braseros, chacun salivant déjà devant Madame en train de préparer les morceaux de foie ou de « cabda m’chermla », ces cubes de foie frits ou grillés et généreusement recouverts de persil.
Vers midi, changement progressif de décor. Les cafés que l’on avait le plus grand mal à repérer aux premières heures de la matinée, rouvraient leurs portes, les véhicules avaient refait leur apparition et le pullulement habituel était annoncé pour les minutes à venir. Déjà, des centaines d’enfants tout de neuf vêtus investissaient les lieux et faisaient entendre leurs piaillements. Petit à petit, Alger renouait avec son rythme habituel.

Un rythme qui aura gagné cette année les entrailles de la ville, puisque le métro d’Alger était en pleine exploitation commerciale et ce bien avant l’Aïd. Ce moyen de transport urbain aura alors assuré le service de 5heures à 23 heures.

[via]  Salim Benalia, lexpressiondz.com

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