Journée de la femme
Entre célébration festive et revendications oubliées
Célébration de la Journée internationale de la femme en Algérie : gala animé par cheb Reda, cheba Dalila, Houari Mazouzi, cheb Madjid, au Sheraton d’Oran. Concert avec Faiza Amel à la maison de jeunes de Souidania. Concert de Nadia El Djazairia au centre culturel de Chéraga. Concert avec Fatiha Nesrine à la bibliothèque multimédia de Douéra… La liste est longue et point d’originalité cette année.
Photo : M. Hacène - journée de la femme - Festivités
Pour notre cas, il s’agit plutôt de trouver les ressorts pour une meilleure compréhension du combat. Les objectifs, ensuite. Et les moyens enfin. Car l’indigence culturelle constitue à mon sens le plus grand handicap pour l’émancipation de la femme chez nous, mais au-delà dans l’ère arabo-islamique ». Kahina, pense, de son côté, que « le 8 mars a été folklorisé (comme pleins de choses sérieuses en Algérie) » dit-elle. « Le 8 mars n’est pas « le jour de la femme » mais une date qui représente les « luttes de la femme ». C’est un symbole de lutte. Aujourd’hui en Algérie c’est l’après-midi, de la fleur, du maquillage et de cheb Yazid », déplore-t-elle. Mais Kahina comme beaucoup d’autres jeunes de son âge n’est pas dans une logique de résignation. Activant avec d’autres citoyens algériens avides de contestation et de révolte, dans le groupe Bezzzaf du réseau social facebook. Ainsi, Kahina, Sofiane, Réda, Sabra, Idir, Nassim, Karima, Dayadine et Raja ont organisé une action contestataire de la célébration du 8 mars, expliquée par leur comité comme suit : «Le 8 mars, il a été décidé par les jeunes de ‘‘Bezzaf’’ -qui ont entièrement organisé cette action avec l’aide de Chawki Amari et Mustapha Benfodil -d’envahir le salon « EVE » de la beauté, coiffure et manucure de la femme algérienne à la Safex», expliquent-ils. Et d’ajouter : « Le 8 mars qui a été totalement folklorisé, seule après-midi de liberté officielle de la femme sur 365 jours, où gâteaux, roses et Cheb Yazid sont sortis chaque année. Pourtant, la situation “ta3 el mra” n’est pas reluisante, même si bon nombre soutiennent le contraire. “Bezzaf” considère que l’émancipation de la femme et la défense de ses droits mènera au développement de toute la société algérienne. Pour les besoins de l’action, les “bezzzefistes” sont priés de ramener avec eux une serpillière (nechaf), ou des gants de vaisselle ou quelques exemplaires du tract. Ou d’écrire sur des feuilles en papier les slogans suivants “bezzzef el hogra”, “qanoun el osra = hogra”». La célébration de la journée internationale de la femme, d’un extrême à un autre : des discours et cérémonies festives aux contestations à coup de chahutage… Il reste à attendre qu’un juste équilibre s’acquiert pour joindre ces deux extrêmes…
[ via l’article d’origine ]
Fella Bouredji, latribune-online.com
publié, le 08 Mars 2010