Une forte pression pèse sur la sélection à vingt jours de la CAN
La sérénité, clé de réussite de l’EN
La forte pression qui a pesé sur l’équipe nationale de football ne s’est pas apparemment atténuée avec la fin des éliminatoires. Bien au contraire, et le bruit autour de la venue ou non de Mehdi Lacen en est la preuve. Après l’avoir annoncé partant, il ne viendra pas finalement. Le sélectionneur national Rabah Saadane, qui a été très élogieux envers lui, a indiqué que l’absence de Lacen est due à des « problèmes personnels ».
Il a insisté néanmoins sur le fait qu’il a « vraiment envie de jouer pour l’EN », comme pour répondre à ceux qui disent que Lacen s’est rétracté parce qu’il est « toujours hésitant ». A cet effet, Saadane a fortement critiqué une certaine presse qui sollicite des joueurs « pour avoir leur avis sur la venue de tel ou tel joueur ». « Chacun doit rester à sa place », dira-t-il. En somme, sans pour autant aller jusqu’à dire que l’équipe nationale commence à faire face à des « interférences » de toute part, il faut signaler que l’« inutile » pression exercée sur la sélection pourrait être fortement « nuisible » pour le groupe qui pourra perdre sa sérénité. A l’intention des joueurs qui pourraient ne pas être « contents » de la venue de nouveaux joueurs, Saadane a déclaré : « C’est l’intérêt de l’équipe nationale qui prime ». En tout état de cause, même si jusque-là personne ne l’a affirmé, le cas de Lacen aurait provoqué quelques « remous » au sein de la sélection.
Il faut dire que, dans une pareille configuration, seul l’entraîneur est responsable du choix des joueurs, même si celui-ci est « discutable ». En équipe nationale, il est le seul maître à bord et il assume seul la responsabilité de ses options. Cette pression, si elle ne s’apaise pas très rapidement, pourrait avoir des effets néfastes sur le rendement de l’équipe lors de la CAN où la compétition sera certainement très rude. Par ailleurs, s’exprimant sur les chances de l’EN de remporter la CAN, l’entraîneur a déclaré qu’« il ne faut pas donner de faux espoirs aux Algériens ». Un discours pessimiste ? Se refusant à être traité de la sorte, Saadane a laissé entendre qu’il faut rester réaliste. Il a signalé que l’Algérie est encore loin du niveau des meilleures équipes africaines. Il avait tenu le même discours à la veille de la dernière étape des éliminatoires. Il est clair que le sélectionneur veut atténuer la pression qui pèse sur le groupe.
Mais l’exercice est assez délicat puisqu’il frôle le « défaitisme ». Entre ce discours et l’optimisme démesuré de certains, un juste milieu devrait être trouvé. Seulement, dans tous les cas de figure, rien ne pourra être réalisé sans la sérénité. D’autant plus qu’il ne reste qu’une vingtaine de jours pour le début de la CAN…
[ via l’article d’origine ]
Par Abdelghani Aïchoun, latribune-online.com
publié, Samedi 19 Décembre 2009