Algérie -Premier Jour de grève de l’éducation :
5 syndicats paralysent les écoles
Selon certains enseignants grévistes, le bras de fer risque de durcir si la tutelle ne répond pas favorablement aux revendications des grévistes.

Les appels à la grève lancés par les 5 syndicats de l’éducation ont eu un écho favorable sur l’ensemble du territoire national. «Le taux de suivi du débrayage est estimé à 90% pour les lycées et 70% pour les établissements du moyen et du primaire », selon le secrétaire général du CLA, Idir Achour.
Le rappel des troupes battu par chaque syndicat
CLA, CNAPEST,SBAPEST, UNPEF, SNTE
sans être commun, a convergé sur la même date et presque les mêmes revendications. La revalorisation du statut particulier, la révision de la politique salariale en valorisant la valeur du point indiciaire, constitue les revendications principales de ces syndicats auxquels s’ajoute la question des retraites et le dossier des oeuvres sociales qui restent en suspens. Les syndicats sus-indiqués divergent toutefois sur la manière de gérer les oeuvres sociales de l’éducation. Alors que certains plaident pour la décentralisation, d’autres proposent la centralisation ou le 13e mois.
L’augmentation annoncée avant-hier, par le département de Benbouzid est considéré comme « un acquis mais insuffisant », notent les syndicalistes car selon eux « la réparation de l’injustice due au régime indemnitaire varie entre 10 et 13.000 DA, tandis que ce qui a été offert est de l’ordre de 3 à 4000 dinars ».
Selon les échos nous parvenant de l’est du pays, les établissements scolaires tous paliers confondus, ont été paralysés, hier dimanche à travers le territoire de la wilaya de Annaba. Au premier jour du débrayage, il a été retenu 100% de taux de suivi.
Selon certains enseignants grévistes, le bras de fer risque de durcir, si la tutelle ne répond pas favorablement aux revendications des grévistes,
➔ lesquels ont rappelé que ce débrayage cyclique de trois jours, risque de prendre une forme de grève illimitée.
En termes de déclaration, il y va de la radicalisation du mouvement dans la mesure où l’insatisfaction des doléances est négligée, ont expliqué des grévistes du secondaire. Le constat est similaire au niveau de la wilaya d’El Tarf, où les lycées, écoles primaires et moyens, se sont vidés de leurs jeunes occupants, quelques minutes, après l’ouverture des portails des établissements.
➔ Par ailleurs, sollicités, certains parents d’élèves se disent soucieux quant à la scolarisation de leurs enfants.
Pour l’heure, il est trop tôt pour se prononcer, car même les élèves semblent être encore sous l’influence des vacances, et continuent de savourer les moments de liberté que leur offre ce débrayage.
Le même topo est relevé à Béjaïa. Dans cette wilaya, le mot d’ordre de grève a été suivi relativement dans le palier secondaire dont l’adhésion a été évaluée entre 90 et 95%. Dans le primaire et le moyen le taux de suivi déclaré a atteint entre 60 et 70%. Il y a lieu de noter que la section régionale de Béjaïa du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef) a rejoint la grève. Dans une déclaration antérieure, le Satef a appelé à trois journées de grève les 10, 11 et 12 octobre 2011 pour « défendre », dit-il, « une digne école, un digne travail, un digne salaire et un digne statut de salarié(e) ».
« Le Satef-Béjaïa, fidèle à ses engagements, à ses statuts, à ses projets (éducatif, social et syndical), reste aussi attaché à sa tradition d’éclairer et d’accompagner les évolutions dans le monde du travail et dans l’environnement social ». Pour le Satef-Béjaïa, les oeuvres sociales auraient dû être toujours gérées de manière démocratique par les travailleurs », lit-on dans une déclaration qui nous a été adressée.
« La multiplication des formes d’exclusion (adjoints d’éducation, laborantins, corps communs, Cosp) et d’exploitation éhontée (sous-paiement à l’Iaij, « pré-emploi », contractuels) doivent être bannis de l’école publique algérienne », estime le Satef de Béjaïa qui réclame toujours un nouveau congrès pour l’élection des instances syndicales légitimes. Dans la capitale de l’Est, Constantine, le taux de suivi de la grève, tous paliers confondus, est de l’ordre de 90%, selon le Cnapest et 24,74% selon la direction de l’éducation.
[via] Mohamed Boufatah, lexpressiondz.com