Ils commentent les résultats de la Tripartite :
Plus de 2 millions de retraités en colère

Hier matin, le jardin de la place Meissonnier est bondé de…retraités. Ils feuillettent les journaux à la recherche du moindre indice les concernant dans les comptes rendus de la presse sur la tripartite.
❏ « Il n’y a rien pour nous », lance un retraité à son camarade. Ce dernier pousse un soupir profond avant de répliquer :
« C’est décevant. Quand ils ont décidé de prélever 2% de la recette fiscale pétrolière pour la verser dans la Caisse de retraite, je me suis attendu à une revalorisation conséquente de notre pension. Or, apparemment, on nous promet du vent ».
❏ Puis un autre retraité, chaussant ses lunettes, lit à haute voix un passage du communiqué de la tripartite. :
« La tripartite a convenu de confier à un groupe de travail l’examen des possibilités d’augmenter le taux de cotisation de la branche retraite pour assurer à la caisse les recettes supplémentaires nécessaires à la prise en charge durable de ses obligations envers les retraités », lit-il.
❏ « Encore une patience », souffle un vieux, la mine défaite. « En tout cas, on n’a pas de choix, on doit attendre pour voir », répond un autre. Des débats et des échanges chauds entre ces retraités ont eu lieu. Au niveau du jardin jouxtant la Grande-Poste, c’est la même ambiance. Les retraités parlent de leur situation et de leur déception de la tripartite. Ils doivent prendre leur mal en patience. C’est le message que leur livrent les résultats de la tripartite tenue les 29 et 30 septembre.
Ni suppression de l’IRG ni revalorisation de la pension : la tripartite est sanctionnée par une demande d’attente aux retraités. Cette demande se traduit dans l’installation d’un groupe de travail qui aura pour mission d’examiner les possibilités d’augmenter la pension. Ils sont alors déçus.
Un peu partout en Algérie, les retraités sont en colère.
❏ Malek Addour, retraité de banque,
exprime son mécontentement. « Nous n’arrivons pas à comprendre les raisons pour lesquelles les membres de la tripartite ont attendu la date du 29 pour annoncer que le dossier sera de nouveau revu par un groupe de travail alors qu’il aurait fallu que ce groupe soit installé avant la tripartite pour qu’à ce rendez-vous, on prenne des décisions pour solutionner ce problème au lieu de nous demander patience », s’écrie-t-il.
❏ Sadek Benidir, retraité d’une entreprise parapétrolière
« La patiente c’est la mort », interrompt Sadek Benidir, retraité d’une entreprise parapétrolière. Pourtant, ajoute M. Addour, lors de la manifestation des retraités, Sidi Saïd avait promis de s’occuper personnellement des points soumis tels que le relèvement de la pension, l’augmentation de l’indemnité de la femme au foyer et la suppression de l’IRG. « On nous a coincés et trahis », a-t-il tranché, estimant que les résultats de la tripartite sont décourageants.
❏ Benidir a le moral à plat et ne se sent guère représenté dans cette rencontre. Il estime que cette tripartite est une mise en scène qui répond à des enjeux beaucoup plus politiques. « Il nous appartient à l’état actuel des choses d’imposer de nouvelles démarches comme la création d’un syndicat autonome pour défendre au mieux nos revendications et nos intérêts », a-t-il estimé. Cette idée commence déjà à faire son chemin parmi les retraités qui estiment que la Fédération affiliée à l’Ugta a démontré toutes ses limites et devient non représentative.
❏ Un autre retraité exprime tout son désespoir après ces résultats décevants de la tripartite. « Je suis déçu car je m’attendais au minimum à une revalorisation même insignifiante de la pension », a-t-il déploré.
❏ Saïd, retraité de Sonatrach
« Avant cette rencontre, on nous a dit que notre dossier sera parmi les priorités. Le Premier ministre et le patron de l’Ugta se sont même laissé aller à des promesses. Aujourd’hui, avec un zéro acquis pour nous, on se rend compte que ce n’était que des mensonges et cette tripartite nous a beaucoup trop déçus », clame, Saïd, retraité de Sonatrach. La déception et la colère se lisent, en effet, sur les visages des retraités qui ne savent plus à quel saint se vouer.
[Via] Karim Aimeur, lexpressiondz.com
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