Algérie – Pomme de terre sur le marché :
Les prix flambent

En dépit d’une production toujours en hausse, le prix du kilo de pomme de terre est rarement descendu sous la barre des 35 dinars. En ces premiers jours d’octobre, il a atteint de nouveaux pics, au grand dam des consommateurs.
L’Algérien en consomme, en moyenne, une centaine de kilogrammes par an. Ce qui fait de la pomme de terre, l’aliment de base le plus consommé par les Algériens. Certains les aiment cuites au four, d’autres les préfèrent en papillote, alors que d’autres les affectionnent, particulièrement au barbecue. Quel que soit le mode de préparation choisi, les plats à base de pomme de terre sont irremplaçables et garnissent souvent la table des convives.
Avec le temps, la pomme de terre s’est taillée une solide réputation en devenant un plat national, au même titre que le couscous, la chorba ou les haricots. Mais la dérégulation continuelle des prix du marché et ceux affichés sur les étals depuis le mois de Ramadhan, ont refroidi un tant soit peu l’ardeur des ménagères, déjà, très affectées, par l’érosion, sans cesse, de leur pouvoir d’achat.
60 dinars le kilogramme, est-ce un prix raisonnable ?
Surtout pour une famille nombreuse composée de 9 ou 10 personnes qui se nourrissent essentiellement de pomme de terre et qui ne sauraient s’en passer. Dans d’autres pays, lorsqu’il y a un surplus de production et que l’offre est nettement supérieure à la demande, les prix baissent automatiquement. Pourquoi pas chez nous? D’autant que les produits de semence sont subventionnés par l’Etat qui a fait du secteur agricole une priorité pour réduire la facture alimentaire et donner une nouvelle impulsion à l’économie fortement dépendante des hydrocarbures.
Des sommes colossales sont débloquées chaque année et le ministère de l’Agriculture et du Développement rural ne ménage aucun effort pour stimuler la production et attirer de nouveaux investisseurs. Outre l’effacement de leurs dettes, l’Etat a mis en place une série de mesures destinées à aider les petits agriculteurs, en les exonérant d’impôt, notamment pour l’achat de certains produits qui grevaient une partie de leur budget.
C’est le cas des producteurs de pomme de terre qui se plaignaient de la hausse des prix des semences et l’insuffisance des lieux de stockage. Beaucoup ont bien accueilli ces aides qui leur ouvrent de nouveaux horizons, mais les efforts qu’ils déploient pour augmenter la production se heurtent aux intermédiaires qui étouffent dans l’oeuf toute action destinée à contrecarrer leurs plans. Ces derniers agissent comme une mercuriale, en faisant monter, à leur guise, les prix. Ils règnent en maître sur le commerce de la pomme de terre et n’hésitent pas à proposer leur aide aux agriculteurs en difficulté. En retour, ils exigent de se charger, eux-mêmes, de la vente de la récolte en ne payant aucune charge à l’Etat.
A ceux qui disposent d’exploitations agricoles de plusieurs hectares, ils conditionnent leur aide, en obligeant l’agriculteur à ne cultiver qu’une partie de celle-ci parce qu’une production abondante entraînerait automatiquement une baisse des prix. De nombreux agriculteurs ont dénoncé ces pratiques et attendent des pouvoirs publics qu’ils réagissent pour assainir le secteur et le débarrasser des» parasites».
Lors de la visite qu’il avait effectuée récemment au niveau de certains marchés de gros de la capitale, le ministre du Commerce, après avoir écouté les explications données par les grossistes, a promis de réagir en instaurant un contrôle pour réguler les marchés.
Aujourd’hui, la pomme de terre a atteint les 60 dinars. Le risque est que les prix continuent à flamber et atteignent, comme en 2007, 90 dinars le kilogramme.
[via] Kaci Aggad, lexpressiondz.com