énergie, hydraulique, textile, agriculture…
D’énormes besoins en investissement au Maghreb

La conférence sur l’entrepreneuriat entre Américains et Magrébins organisée les 1er et 2 décembre à Alger va-t-elle jeter réellement les bases d’une coopération bénéfique, accrue, dans la sous-région ? Cette question, nombre d’observateurs se la posent, parce que les expériences en matière de partenariat que les pays du Maghreb avaient faites par le passé se sont révélées peu porteuses.
Les Etats-Unis, de même que l’UE, s’intéressent au Maghreb, mais pas en tant que bloc, géographiquement déterminé, économiquement défini, préférant discuter partenariat et affaires avec chaque pays séparément. La seule expérience différenciée demeure celle d’Eizenstat, mais qui a tourné court, pour des raisons que les pays maghrébins n’ont pas comprises. Cette offre de coopération englobait commerce, investissement, échange d’expérience….
Et le Maghreb y voyait une stratégie intéressante, pour faire avancer les choses dans les secteurs économiques et, du coup, développer le partenariat intermaghrébin, car les besoins en investissement dans nombre de domaines étaient et sont toujours énormes. Des besoins que la coopération intermaghrébine, timide et embryonnaire qu’elle est, n’arrive pas à faire évoluer. Des projets épars, souvent rétifs, sont en rade, remis au lendemain, ou complètement abandonnés, c’est la réalité connue de tous, quand bien même des pays maghrébins essaieraient de régenter les systèmes de coopération. Les opérateurs économiques de ces pays se rencontrent, échangent des expériences, animent des foires, des expositions, évoquent des projets… Les gouverneurs des banques centrales des pays du Maghreb se réunissent, de manière régulière, pour discuter finance, coopération entre institutions financières.
Les banques commerciales du Maghreb se réunissent également, une fois par an, dans l’une des capitales maghrébines. Mieux, il est question de créer une banque maghrébine destinée à l’investissement dans la sous-région. Il existe même une Union des banques maghrébines (UBM). Quelques initiatives ont cependant réussi, notamment dans le domaine de l’énergie où des réseaux interconnectés ont vu le jour, des accords de partenariat de création de sociétés mixtes (hydrocarbures) menés à bien. En tout cas, les insuffisances et les incohérences qui font que le partenariat au Maghreb tarde à se développer vont être discutées et disséquées, à la faveur de cette conférence américano-maghrébine. Reste à savoir si les recommandations qui en résulteront seront prises en charge, mises en application.
[via] Youcef Salami, latribune-online.com