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Habitants du terrain Amirouche à Constantine

Des représentants reçus à la wilaya

Près de 140 familles habitent encore dans des conditions très précaires à hauteur du terrain Amirouche inférieur.

En 2006, 150 familles environ avaient été déplacées avec l’engagement par l’administration de répéter la même opération dans des délais rapides d’autant plus que le terrain en question présentait, pour ceux qui étaient encore sur place, une réelle menace en raison du phénomène de glissement de terrain.

Et ce qui n’était qu’une affirmation lancée de temps à autre par les habitants accusés de fabulation, et pour cause leur souhait d’être rapidement relogés, est devenu par la suite une réalité consécutivement à une correspondance de l’APC de Constantine établissant que le terrain était situé en zone rouge, une qualification de risque potentiel qui permet aux urbanistes de déterminer le degré de dangerosité auquel pouvait être exposée une population.Or, depuis 2006 et à chaque fois que venaient des pluies diluviennes, la menace se précisait à telle enseigne que même la route goudronnée et quelque peu consolidée est actuellement crevassée et en certains endroits les failles de rupture sont assez importantes.

Dans la foulée, le risque d’écoulement d’une montagne de boue n’est pas à écarter du moment que le terrain évoqué est situé au niveau le plus bas de la configuration topographique des lieux et à la limite il constitue presque un réceptacle naturel à un éventuel déplacement des sols.Preuve en est encore que les services de la Société de distribution d’électricité (ex-Sonelgaz) ont décliné la demande des habitants de les alimenter en gaz naturel compte tenu des risques que poserait une éventuelle torsion des conduites. Ce qui est au demeurant assez probable.Cela étant, même l’approvisionnement en gaz butane n’est pas aisée compte tenu des difficultés que rencontrent les distributeurs privés pour arriver sur les lieux.

Ecoliers et lycéens rejoignent leurs établissements dans des conditions tout aussi ardues et plus particulièrement risquées pour les enfants du primaire qui doivent traverser une route nationale à très grande circulation. Il s’agit d’une voie dont la réputation de «tueuse» a largement dépassé la notoriété locale. El Menia est également appelée la descente de la mort.Dimanche dernier, des représentants de ces familles se sont rendus au siège de la wilaya pour y tenir un sit-in. Bien entendu par les temps qui courent et une conjoncture qui ne prête pas à sérénité, ils ont très vite obtenu l’écoute des cadres de l’administration et dans la foulée… un rendez-vous a été fixé pour l’après-midi de la même journée. Ils ont donc pris langue avec M. C. Mourad, l’un des conseillers du wali qui aurait été attentif à leurs doléances, selon les propos qui nous ont été rapportés par M. Mourad Djebassi, l’une des personnes présentes à la rencontre et tout autant habitant du terrain Amirouche inférieur, et promis d’en informer le wali en fin de journée.

Il faut quand même souligner que les pouvoirs publics qui, effectivement, essayent de traiter autant que faire se peut le lourd dossier de l’habitat précaire, ont pour règle établie de privilégier le relogement des habitants de bidonvilles qui portent atteinte à l’image de marque de la ville, notamment lors de visites officielles de délégations étrangères parce qu’ils sont exposés aux regards extérieurs. Ce qui n’est pas le cas du terrain Amirouche et de bien d’autres totalement isolés. Or, certains prédateurs ayant compris l’astuce ont très souvent choisi de régler leur problème en se greffant sur les nombreux sites de bidonvilles, contournant effectivement la difficulté et en général bénéficiant dans des délais record d’un relogement. « Ce que nous refusons de faire, parce que nos parents et grands-parents sont nés au terrain Amirouche et nous tenons à préserver notre dignité, car nous restons persuadés que le temps viendra où les pouvoirs publics seront sensibles à notre situation », soulignera M. Djebassi.

Reste à savoir quel intérêt les services de la wilaya vont accorder au rapport que formulera le cadre qui s’est entretenu avec les représentants des familles du terrain Amirouche. Il faudrait quand même rappeler que le précédent wali, s’épanchant à travers les médias publics et privés, écrits, sonores et télévisuels, s’était engagé à éradiquer les bidonvilles avant le 1er janvier 2011, et qu’il avait déjà tenu les mêmes propos pour les 1er janvier 2009 et 2010. Quoi qu’il en soit, le président de la République s’est prononcé sur la nécessité d’accélérer les procédures de logement et de relogement des citoyens concernés et l’actuel wali est tenu d’obtempérer. Le problème, évidemment, est nombre de demandeurs et les capacités à les honorer. Cela est une autre histoire qui annonce quand même des lendemains tumultueux dans la ville des Ponts.

Selon des chiffres consolidés et « immuables » que nous avons obtenus auprès de la daïra de Constantine, il existerait 16 000 familles issues de l’habitat précaire concernées par le relogement. Dans une déclaration faite le mois dernier, il serait question de 24 000.

[via] A. Lemili, latribune-online.com

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