La voiture électrique peut mieux vert
ECOLOGIE – Alors que Jean-Louis Borloo a présenté son plan jeudi, des interrogations subsistent…
Le gouvernement veut gagner « la bataille de la voiture électrique ». Avec un objectif de deux millions de véhicules en circulation d’ici à 2020, le plan national présenté hier par le ministère de l’Ecologie se veut ambitieux. Trop, au regard du véritable bénéfice écologique, selon France Nature Environnement. L’association reproche au gouvernement de «confondre vitesse et précipitation». Même la très officielle Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) se montre réservée sur le sujet.

Certes, à l’usage, la voiture électrique n’émet pas de CO2. Mais le problème vient de la production du courant qui charge les batteries, à l’origine d’émissions de gaz à effet de serre. Une étude européenne de l’Ademe indique qu’aujourd’hui – en fonction de l’origine de l’électricité (thermique, nucléaire ou issue d’énergies renouvelables) – le bilan de ce véhicule est à peine meilleur que celui des citadines ou compactes, à 126 g/CO2/km. «Notre souhait est que l’électricité nécessaire soit à 80% produite sans émissions de CO2, avec un mix entre énergies renouvelables et nucléaire», répond Chantal Jouanno, la secrétaire d’Etat à l’Ecologie.
Contre les pics, une modulation des recharges
De son côté, l’Ademe prône un développement raisonné de la voiture électrique pour que le bénéfice écologique soit réel. Dans son hypothèse la plus optimiste, l’agence table ainsi sur quatre millions de véhicules en 2020 (le parc automobile français actuel est de 30 millions). Avec son objectif de deux millions de véhicules, le gouvernement est donc dans les clous. A la condition, précise l’organisme, que le gouvernement réalise tous les engagements du Grenelle en faveur du développement des énergies renouvelables.
L’Ademe pointe un autre problème, celui des recharges rapides. Celles-ci sont extrêmement énergivores. Ainsi, si 50.000 voitures effectuent en même temps une recharge « flash » de dix minutes, l’appel serait tel sur le réseau que notre production nationale n’y suffirait pas. Un écueil dont le gouvernement dit avoir conscience. Selon Chantal Jouanno, « un système de dialogue intelligent sera installé pour moduler les recharges pendant les pics de consommation. Nous éviterons ainsi d’importer de l’électricité et d’alourdir le bilan carbone». Par ailleurs, le gouvernement mise sur les charges lentes, à domicile ou au bureau, et imagine un système de stockage de l’électricité pour lisser la demande. En revanche, au sujet du recyclage des batteries au lithium, très polluantes, le plan lancé hier reste très vague et prévoit simplement «sa prise en charge par les constructeurs».
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