algerieautrefois - le site

Revue aléatoires de nos articles

algerieautrefois - le site

France : Un docteur, la nuit, en campagne : pas si simple

Quand le cabinet de votre généraliste est fermé, pas facile de se faire ausculter. Surtout en milieu rural. L’Ordre des médecins pointe des problèmes démographiques et le manque de volontaires.

La nuit ou le dimanche, si l'on est malade, on doit aujourd'hui passer par les centres 15, gérés par le Samu. Archives Frédéric Girou

Un matin de décembre, Geneviève Loquais, de Chéméré, est décédée, à 7 h. Elle a attendu pendant une heure et demie la visite d’un médecin venu de Saint-Nazaire, à 40 km de chez elle. Son époux et ses amis retraités, alertés par d’autres cas dans ce territoire rural de Loire-Atlantique, dénoncent « des conditions de secours inacceptables » et ont décidé d’interpeller plusieurs acteurs du monde médical.

Peu de gardes à l’ancienne

Dans ce département de 1,3 million d’habitants, de minuit à 8 h du matin, les portes des douze maisons de garde restent closes. Ainsi, lorsqu’on habite un village loin des urgences et non couvert par SOS médecins, la sécurité sanitaire n’est plus assurée. « En ville, il n’y a pas de souci. En revanche, en milieu rural, cela pose un vrai problème », note François Volny, responsable du centre de garde de Nantes. « En effet, il n’y a plus personne que ce soit pour une consultation ou pour se rendre à domicile », confirme Antoine Redor, généraliste installé à Vigneux-de-Bretagne et président de l’Adops, l’Association départementale pour la permanence des soins.

Ce problème de la permanence des soins n’est pas nouveau. Il est accentué par une population vieillissante, toujours plus consommatrice d’actes. L’enquête du Conseil national de l’Ordre des médecins, menée en janvier, évoque notamment le non-remplacement des départs des « toubibs » et la baisse du volontariat. Celle-ci est liée à la lassitude des gardes, à la féminisation de la profession, à des aspirations sociétales différentes.

« Les 35 heures, moralement, ont fait du mal aux médecins », lâche François Volny. Jean-Yves Clouet, président de l’Ordre 44, a son explication : « Le système de gardes à l’ancienne a disparu progressivement après la mise en place des centres 15. Avant, en moyenne, un médecin faisait quinze actes le dimanche. Après la régulation, il n’en faisait plus qu’un ! Voilà pourquoi, il a été décidé de mutualiser les moyens en créant des centres dédiés. »

Des généralistes investis

Aujourd’hui, les volontaires sont des remplaçants, qui trouvent dans ces astreintes rémunérées un moyen d’arrondir leurs fins de mois, ou des professionnels attachés « à une certaine vision de leur métier », investis auprès des patients. En Loire-Atlantique, un projet de six médecins mobiles est dans les cartons. Basés dans les maisons de garde de campagne, ils interviendraient de 20 h à 8 h, dans un rayon de 50 km.

« Mes jeunes collègues sont peu motivés pour exercer en médecine générale libérale. Je veux leur léguer un outil intéressant. Si nous ne faisons rien aujourd’hui, demain, une injustice criante existera entre la campagne et la ville », confie Antoine Redor. Un dispositif séduisant, mais qui coûte cher.

La question de la permanence des soins est loin d’être tranchée. Les nouvelles Agences régionales de santé auront bientôt autorité pour agir sur ce dossier. Elles ont du pain sur la planche.

[ via l’article d’origine ]
Magali GRANDET, ouest-france.fr
publié, le 17 Février 2010

Recherche Innovant News
Pourquoi pas !

Gator Website Builder