Troisième jour de grève à Air Algérie :
Des annulations qui font boule de neige

Trois jours d’annulation de vols, cela fait forcément boule de neige. des passagers du jour qui se télescopent avec ceux du lendemain, une situation inacceptable pour les uns, ingérable pour les autres.
Plus exactement, les responsables d’Air Algérie ont du mal à contenir la contestation. Celle-ci est montée d’un cran, ce mercredi avec l’ouverture des enregistrements pour la ligne Alger-Montréal. Le problème est que, en principe, c’est le deuxième vol qui est programmé, mais « et nous ? », rétorquent les passagers qui ont déjà passé la nuit (mardi à mercredi) dans le hall de l’aéroport. Ces derniers ont vu leur vol carrément annulé aux environs de 17 h après près de 10 heures de chaîne au desk d’enregistrement, poussant à une vitesse de un millimètre à l’heure leur caddie bombé de valises…
C’est une véritable foire d’empoigne qui s’ensuit, chacun veut embarquer le premier. Les réservataires du 12 juillet revendiquent la priorité, ceux du 13 en font de même. A tel point qu’un responsable d’Air Algérie a tenté de calmer les ardeurs en disant que « ceux qui restent seront en tout cas pris en charge dans un second vol, deux heures après ». Il ne parvient guère à convaincre. Une dame glisse à son entourage qu’il faut « se méfier de leurs promesses ».
A l’aéroport de Montréal, dit-elle, reprenant une information qu’elle a eue d’un parent, « les autorités aéroportuaires disent que les vols d’Alger sont annulés ». Alors, la méfiance s’installe. On monte au premier étage où il y a une permanence du personnel d’Air Algérie, ce sont carrément des pourparlers qui s’enclenchent. Mais au bout de quelques minutes, c’est la rupture. On vocifère de partout, on tape sur les portes en verre jusqu’à les briser. Femmes et enfants sont de la partie, c’est un brouhaha indescriptible. « Aujourd’hui, aujourd’hui (on embarque) », scandent-ils. Les responsables d’Air Algérie se retranchent derrière leurs bureaux et ferment à clé ce qui pour les passagers s’apparente à du mépris…
« Enfin, c’est mieux que l’affrontement », nous dit un agent qui observe de loin. « Hier, ce genre d’incident s’est réellement produit avec le chef d’escale », témoignent des passagers … « Où sont les responsables, où est la prise en charge ? », crient-ils. Des informations circulent parmi les présents que le PDG de la compagnie et le ministre Délégué chargé de la communauté nationale à l’étranger étaient là en personne pour suivre la situation.
L’appel à l’embarquement de l’hôtesse de la compagnie nationale sur Marseille est venu refroidir la situation. Suivent le rappel des consignes de sécurité et les bons usages comme l’interdiction de fumer dans les lieux publics… Une manière de casser le stress, de détourner l’attention des passagers. Les annulations de vols se mêlent aux « retards » et noircissent le tableau d’affichage qui n’attire plus l’attention. On apprend que Air Algérie tente depuis le déclenchement de la grève d’affréter des avions auprès d’autres compagnies pour parer au plus pressé et soulager nos concitoyens surtout sur les aéroports parisiens.
Un avion vient d’atterrir, il arrive de Marseille. Ses passagers qui ont enduré le calvaire sont loin d’être heureux d’avoir échapper à l’enfer. « Un voyage comme celui-là, vaut mieux pas », nous dit un compatriote. « Ca était un voyage risqué sur une compagnie privée d’origine inconnue », précise-t-il Nous laissons chacun à sa petite débrouille, trouver de la place auprès d’autres compagnies ou se faire rembourser, comme l’exige une dame qui maudit « ces vacances de misère » et vitupère le jour où elle choisi A.A
En attendant, ceux qui avaient projeté de voyager par Air Algérie sur Tunis, prévu à 17 h – annulé bien sûr – regrettent d’avoir passé tout ce temps à l’aéroport. « Avec l’autoroute, il y a longtemps qu’on aurait atteint Tunis », disent-ils
[via] K. Daghefli., horizons-dz.com