La Turquie pour un accord de libre-échange avec l’Algérie
Les échanges bilatéraux ont atteint 3 milliards d’euros en 2009
Photo : S. Zoheir
La Turquie a proposé à l’Algérie de signer un accord bilatéral de libre-échange pour augmenter les flux commerciaux, rapportent des médias turcs. Les chiffres de 2009 renseignent sur une tendance baissière, pour ce qui est du volume des échanges entre les deux pays. Les échanges bilatéraux ont, en effet, atteint trois milliards d’euros en diminution par comparaison à 2008 (3,7 milliards d’euros). Mais, signe d’optimisme, ils devraient augmenter, à la faveur d’une forte croissance économique en Turquie.
Partenaire traditionnel de l’Algérie, la Turquie en importe l’essentiel de son énergie (du gaz naturel liquéfié). Et elle exporte des produits électroniques et agroalimentaires vers l’Algérie. Le textile turc, un secteur en devenir, bénéficierait en premier lieu d’un accord entre les deux pays. En matière d’énergie, la Turquie, tout comme beaucoup de pays d’Europe, est liée à l’Algérie par un contrat signé en 1995 portant sur la livraison par l’Algérie de quatre milliards de mètres cubes de GNL par an, pendant vingt ans. C’est un gros marché pour l’Algérie. Ce contrat arrivera cependant à terme en 2014.
Aussi, l’Algérie a proposé de le reconduire et de relever le volume de GNL à acheminer vers la Turquie. La question a été discutée au cours de la réunion de la commission mixte algéro-turque de coopération économique, scientifique et technique tenue l’année dernière à Alger. Les Turcs s’y sont montrés favorables. En fait, la Turquie veut diversifier ses fournisseurs en énergie et elle s’offre une multitude de choix : des gazoducs en chantier passent par ses territoires. L’Algérie et la péninsule anatolienne souhaitent également augmenter le volume de gaz, car il faudrait trouver un équilibre dans le flux des échanges commerciaux entre les deux pays, parce que, aujourd’hui, il tourne à l’avantage de la Turquie, comme l’attestent ces données statistiques : le volume des échanges entre l’Algérie et la Turquie a atteint, comme sus-évoqué, plus de 3,8 milliards de dollars en 2009, plaçant la Turquie au 6e rang des clients de l’Algérie (2 milliards de dollars) et au 7e rang de ses fournisseurs avec 1,7 milliard de dollars.
Les investissements turcs directs en Algérie se situent autour de trois cent millions de dollars répartis, notamment dans les secteurs du bâtiment et travaux publics et de l’agroalimentaire. La Turquie, pays développé qui aspire à se frayer une place dans l’espace de l’UE, est la 17e économie mondiale. Elle occupe la 6e position à l’échelle européenne. Elle imprime une croissance estimée à 6,8%, et un PIB qui tourne autour de 750 milliards de dollars à fin 2008.
Le pays est considéré comme un gros importateur de pétrole et de gaz. Au cours de ces dernières années, il a réussi à conclure une somme d’accords de libre-échange avec des pays arabes. En Afrique du Nord, il l’a fait avec le Maroc.
[via] Youcef Salami, latribune-online.com