Le Président prend le métro:
Après avoir inauguré plusieurs grands ouvrages à Alger

Inauguration du Métro d'Alger par le chef de l'état le 31 octobre 2011
En 10 minutes, le chef de l’Etat a fait le trajet entre le Ruisseau et la Grande-Poste en passant par les stations du Jardin d’Essai, de la place du 1er-Mai et de Khelifa-Boukhalfa.
Journée de fête à Alger. La forte odeur du baroud assaillait les narines, des youyous stridents fusaient des abords des routes et des balcons des bâtisses limitrophes, la zorna et l’excitation des chevaux montés par les fantassins rehaussaient l’aura du cortège présidentiel. L’ambiance est à la hauteur de l’événement.
Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, est attendu au Ruisseau, Alger, pour inaugurer le métro d’Alger. Effectivement, c’est de ce lieu symbolique, la rue des Fusillés, et à la veille d’une date historique, le 1er Novembre, que le chef de l’Etat a lancé officiellement le métro d’Alger. Aux alentours de 13h30, le cortège présidentiel pointe sur les lieux. «Bouteflika, Bouteflika», chantaient les jeunes, femmes, vieux et vieilles venus saluer et voir de près le président de la République et surtout marquer leur présence au moment du lancement de la première ligne du métro d’Alger.
Les femmes, les jeunes, de tout âge placardent les photos du Président.
Des banderoles faisant l’éloge du chef de l’Etat sont accrochées partout sur les murs. Avec un large sourire, le chef de l’Etat salue de la main la foule qui lui a réservé un accueil des plus chaleureux.
Sans trop tarder, le Président Bouteflika s’adresse au ministre des Transports Amar Tou pour soulever, sous les nombreux clics et flash des appareils photo des photographes et autres zooms des cameramen, le voile qui couvrait la stèle inaugurale. Moment solennel, le métro est enfin inauguré, place à l’essai.
L’ambiance est à la hauteur de l’événement
Dans une grande bousculade, le chef de l’Etat se dirige droit à l’intérieur de la station. Après une halte dans un distributeur automatique de ticket, il emprunte le métro.
Les photographes, journalistes, élus locaux et personnalités se bousculent avec la Garde présidentielle pour arracher une place dans la voiture du Président et des membres du gouvernement. Le métro est sur rails. Une lumière rouge clignote, un son d’avertissement est lancé pour annoncer la fermeture automatique des portes du métro qui transportait le chef de l’Etat et la délégation qui l’accompagnait. 13h 48, c’est le top départ à destination de la Grande-Poste.
En 10 minutes, le métro est au quai de cette dernière station après avoir dépassé les stations du Jardin d’Essai, de la place du 1er-Mai et de Khelifa-Boukhalfa.
A la sortie de la station, le chef de l’Etat a eu droit à un accueil populaire et une cérémonie officielle de la part de la Garde républicaine. Le chef de l’Etat a clôturé sa visite inaugurale en saluant le drapeau algérien et l’hymne national. Au début de la journée, les toutes premières heures renseignaient bien qu’Alger se préparait à vivre une journée pas comme les autres.
Une journée pas comme les autres
Une journée de fête, d’ambiance et de liesse. Très tôt dans la matinée, les routes sont barricadées par les services de sécurité. Le Ruisseau fait peau neuve. La chaussée est revêtue. Les murs sont repeints. La surface de la station du métro, du tramway et du téléphérique est bien aménagées. Les ruelles sont nettoyées.
Le drapeau tricolore, vert-blanc-rouge flotte dans tous les coins de ce quartier historique. C’est dans cet endroit que l’armée française a fusillé une vingtaine d’Algériens en 1957 pour venger les opérations menées par les moudjahidine dans la capitale. De l’autre côté de la station, les troupes folkloriques animent la scène. Des groupes mozabites, kabyles, chaouis, algérois et oranais ont été déplacés à Alger pour faire la fête. Loin du cortège présidentiel et de la cérémonie officielle, la mise en service du métro d’Alger a fait le grand bonheur des Algérois.
✰ Ces derniers estiment que le métro va changer leur quotidien, leurs petites habitudes et surtout en finir avec le cauchemar des embouteillages.
✰ Il va tout simplement contribuer à l’amélioration des conditions de transport en commun dans la capitale.
✰ Après 30 années d’attente, ils peuvent se permettre le métro.
Il convient de faire un bref historique: entamés dans les années 1980, les travaux du métro d’Alger avaient été suspendus à plusieurs reprises pendant plusieurs années, accusant un grand retard, avant d’être graduellement relancés à la faveur de deux grands Plans nationaux d’investissements publics pluriannuels, celui de 2000-2004 et celui de 2005-2009.
[via] Tahar Fattani, lexpressiondz.com