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Les finances du football européen dans le rouge

Panique outre-Manche. Endetté à hauteur de 15 milliards d’euros, le football anglais, eldorado européen, est victime de son succès et vacille. L’effondrement des finances de Portsmouth, Hull City, Tottenham… dans l’incapacité de payer joueurs, transferts ou fisc, s’apparente à autant de signes d’une crise majeure. Au pays de l’ultralibéralisme, le grand Manchester United croule sous une dette de 826 millions d’euros.

Clubs au bord de la faillite, salaires de joueurs astronomiques sans performances sportives et financières garanties : le football spéculatif est rattrapé par ses excès.

Liverpool est à l’agonie. Arsenal tire la langue et les capitaux de Roman Abramovitch, l’oligarque russe comme ceux de Cheik Mansour Ben Zayed, prince d’Abu Dhabi, capables de mettre 400 millions d’euros sur la table pour effacer l’ardoise de Chelsea et Manchester City, ne sont pas des assurances tous risques. L’heure est grave, docteur ?

Salaires astronomiques

« Nous ne sommes pas devant une bulle sur le point d’exploser mais dans une mutation du système », répond Frédéric Bolotny, économiste du sport. L’Angleterre concentre les inquiétudes mais reste une redoutable machine à faire de l’argent. Avec des actifs importants (stades en pure propriété) et des droits télé pharaoniques vendus aux quatre coins du monde. « Au total 1,3 milliard d’euros (669millions en France). Le foot anglais a de l’avance. Mais si la logique économique pure et dure l’emporte un jour sur la logique sportive, gare à la menace. »

L’explosion des salaires est l’une des raisons du problème. Selon le cabinet Deloitte, ils ont augmenté de 18 %, l’an passé, en Europe. Outre-Manche, les joueurs de l’élite touchent en moyenne 120 000 € par mois, trois fois plus qu’en France.

En Espagne, « le football est comme une entreprise où l’on achète les machines les plus modernes pour mieux travailler », a coutume de dire Florentino Pérez, le président du Real Madrid, qui a dépensé plus de 255 millions d’euros sur le marché des transferts en 2009.

Le salaire du Ballon d’or, Cristiano Ronaldo, frise les 10 millions d’euros annuels. Des sommes astronomiques qui expliquent en partie les déficits abyssaux du Real et du FC Barcelone (680 et 500 millions d’euros) passés maîtres dans l’art de vendre les maillots de leurs stars sur tous les continents.

« L’Italie, elle, va connaître un vrai recul avec la prochaine négociation collective des droits télé », avance Frédéric Bolotny qui rappelle comment le marché du foot repose sur un trépied fragile : droits TV, pub-marketing et vente de billets.

En Allemagne, les clubs plus vertueux affichent un bénéfice d’exploitation positif de 136 millions d’euros. À l’image du Bayern Munich, ils sont réputés bons gestionnaires.

Et la France dans tout cela ? Elle n’est pas épargnée. Malgré une Direction nationale du contrôle et de gestion impitoyable depuis 1994, les déficits des clubs reprennent après trois exercices positifs. Et 2010 s’annonce mal. Dans un marché en sommeil, le modèle français qui consiste à vendre des joueurs à l’étranger pour équilibrer ses comptes doit évoluer. Reste qu’il faut rapprocher les 33 millions d’euros de ce déficit global des 100 millions de pertes du seul Chelsea en Angleterre. Le prix du rêve ?

[ via l’article d’origine ]
ouest-france.fr
publié, le 30 Janvier 2010

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