Rencontre entre la délégation algérienne et les capitaines de l’industrie allemande
Bouteflika s’entretiendra aujourd’hui avec Angela Merkel
Le président de la République, Abdelaziz Boutflika, accompagné d’une importante délégation, est arrivé hier à Berlin pour une visite d’Etat de deux jours, avec un agenda chargé.

Le chef de l’Etat s’entretiendra aujourd’hui avec la chancelière allemande Angela Merkel, un tête-à-tête au cours duquel un nombre de questions, dont celles d’ordre international, seront abordées. Il sera reçu, aujourd’hui également, au château de Bellevue par le président allemand Christian Wulff. Abdelaziz Bouteflika recevra, lui, de son côté, en audience le vice-chancelier allemand, ministre fédéral des Affaires étrangères Guido Westerwelle.
Le chef de l’Etat a été reçu, dans la journée d’hier, au Parlement allemand (Bundestag), par le président de cette institution Norbert Lammert, avec lequel il a eu des entretiens. La délégation algérienne à Berlin a rencontré hier, à l’occasion d’une réunion organisée par la fédération de l’industrie allemande (BDI) avec la communauté d’affaires allemande, de grands capitaines de l’industrie allemande, à l’exemple de Dieter Zetsche, P-DG de Daimler AG et président de Mercedes-Benz Cars, de Dieter Kurz, P-DG de Carl Zeiss, de Peter Smits, représentant d’ABB Deutschland, de Claus Eberhardt, P-DG de Rheinmetall AG, de Tomas Rappuhn, P-DG de RWE Dea AG, de Claus Schafer, P-DG de Eon Ruhragaz AG, le représentant du groupe Thyssenkrupp…
Parmi ces entreprises, certaines disposent de points de chute en Algérie à l’instar d’Eon Ruhragaz et de Thyssenkrupp. Eon opère en Algérie à Rhourde Yakoub, gérant un ensemble de projets. Ses sites opérationnels se trouvent à deux cent cinquante kilomètres de Hassi Messaoud. Eon a réalisé de bons résultats en Algérie, comme le mentionnent ses responsables dans un document qui nous a été remis à Berlin. Thyssenkrupp dispose d’un bureau de représentation à Alger, ses activités se concentrant essentiellement sur les systèmes et les équipements de manutention. Le groupe Thyssen détient 95% des participations du capital social de la société Thyssenkrupp Algérie Sarl. Depuis sa création en juin 2009, cette entité est en charge des prestations de services industriels pour le compte des entreprises de construction de sites industriels et de l’industrie pétrolière et gazière. Cette entreprise rappelle que les récentes mesures sur l’investissement, décidées par le gouvernement algérien, ne la concernent pas puisque sa création remonte à juin 2009.
Elle annonce, par ailleurs, que sa filiale Thyssenkrupp Marine Systems International est en discussion d’affaires avec l’unité de réparation de bateaux de Béjaïa. D’autres sociétés ne sont pas présentes en Algérie, mais souhaitent l’être, à l’instar de Daimler. Le plus grand actionnaire de Daimler est actuellement le fonds Abbar Investment, contrôlé indirectement par le gouvernement de l’émirat d’Abou Dhabi (9, 1%), l’Etat du Koweït à hauteur de 6, 9%, la Deutsch Band à un peu moins de 4,35% et l’émirat de Dubai détient un peu plus de 2% des actions du groupe. Daimler, en collaboration avec Abbar, aurait engagé des discussions avec les autorités algériennes dans l’objectif de monter des projets dans l’industrie automobile, un secteur qui peine à voir le jour.
A souligner que Mohamed Benmeradi et Youcef Yousfi, respectivement ministre de l’Industrie, des PME et de la Promotion de l’investissement, et de l’Energie et des Mines, ont pris part à la rencontre sus-évoquée tenue par la BDI. Une réunion suivie d’une réception au siège de la Maison de l’économie allemande. Les patrons de l’industrie allemande, présents à ce rendez-vous, ont exprimé leur intérêt pour l’investissement en Algérie, souhaitant voir se développer d’importants partenariats avec les entreprises algériennes. Les sociétés allemandes sont fortement implantées en Algérie (plus de deux cents entreprises). Selon des données statistiques fournies par les Allemands, l’Algérie exporte vers l’Allemagne une faible quantité de produits hors pétrole et en importe pour 2,765 milliards de dollars.
Le volume des échanges entre les deux pays reste toujours à l’avantage des Allemands.
[via] Youcef Salami envoyé spécial à Berlin, latribune-online.com