Le G20 : les nouvelles réglementations bancaires entériné
Photo de famille au terme d'un sommet aux résultats plutôt modestes. EPA
En opposition sur les monnaies, en concurrence sur les marchés, les Vingt n’ont signé à Séoul qu’une feuille de route sans chiffres.
Des diagnostics… Surveiller les déséquilibres de croissance, réduire les frictions entre les économies émergentes en plein boom exportateur et les vieilles puissances essoufflées. Lutter contre les tentations protectionnistes et relancer le cycle de Doha. Rapprocher les taux de change monétaires de la réalité des marchés. Réglementer la finance. Aider les pays en développement (infrastructure, santé, alimentation). Tous ces principes ont été réaffirmés à Séoul, mais la façon d’y parvenir est, le plus souvent, restée floue.
… sans ordonnance. Les Vingt ont ainsi demandé à leurs ministres des Finances d’introduire des directives, avec le concours du FMI, pour détecter les grands déséquilibres des comptes courants. Ils auront pour cela jusqu’à l’été prochain (plus que prévu). Aucun critère chiffré n’a été retenu. Les marchés ont d’ailleurs davantage réagi, hier, aux rumeurs sur un plan de sauvetage qui guetterait l’Irlande, qu’à ces mesures cosmétiques.
Monnaies. C’était le sujet chaud, surtout après l’action unilatérale de la Réserve fédérale américaine de faire tourner la planche à billets. Le G20 n’a pu que réaffirmer, de façon pour l’heure incantatoire, le rejet de toute dévaluation compétitive. Le communiqué final invite à aller « vers des systèmes de taux de change déterminés par le marché ». Autrement dit, on invite la Chine, sans le dire explicitement, à rapprocher le yuan d’une valeur plus conforme à la force et à la dynamique de son économie. La Bourse de Shanghai a plutôt mal réagi, même si la Chine ne s’est pas engagée. Le G20 autorise, en outre, les pays émergents à davantage contrôler les mouvements de capitaux pour conjurer toute flambée spéculative. Le Brésil en avait fait sa priorité.
Un FMI renforcé. La réforme des quotas et des droits de vote au Fonds monétaire international a été entérinée. Cela confère aux pays émergents une place plus conforme à leur poids réel. La Chine pèse comme un numéro trois. Cela autorise le FMI à mettre en place de nouvelles formes de prêts aux pays en difficulté et confirme son rôle central dans le dispositif.
Quelques avancées financières. Les Vingt ont entériné les nouvelles réglementations bancaires, dites « Bâle III », visant à renforcer un secteur à l’origine de la crise. Les propositions du Conseil de stabilité financière, pour une surveillance plus grande du marché des produits dérivés, ont été validées.
Sarkozy en visite éclair. Arrivé en retard pour cause de 11-Novembre, le président français devait initialement compenser en restant au dîner de gala. Les résultats modestes du sommet et les impératifs du remaniement ministériel l’ont fait trancher différemment. Il est reparti dix heures à peine après être arrivé. En prenant les rênes du G20, il a toutefois affirmé qu’il abordera cette présidence « avec ambition et réalisme » en rappelant les dossiers « colossaux » dont il souhaite débattre « sans tabou », à commencer par la réforme du système monétaire international. Ses premiers déplacements sont prévus aux États-Unis, en Afrique du Sud et en Inde.
[via] Laurent Marchand, ouest-france.fr