Algérie – Revalorisation du métier d’hôtesse de l’air, le combat d’une syndicaliste
Un défi que tente de relever Faïza Belaribi
Photo : S. Zoheïr
Contrairement à l’idée que l’on se fait de l’hôtesse de l’air, ce métier palpitant et passionnant n’est pas de tout repos. Particulièrement dans notre pays. Orienter les passagers, montrer les consignes de sécurité, servir les plateaux-repas, le tout avec le sourire, les voyages, une vie de rêve… voilà l’image de l’hôtesse de l’air. Mais le revers de la médaille n’est pas aussi reluisant que l’on imagine. Leur vie n’est pas toujours tendre, elles qui passent la majeure partie de leur temps entre ciel et terre.
Défendre les intérêts des hôtesses de l’air, c’est le défi que tente de relever, depuis des années, Faïza Belaribi, l’une des plus anciennes hôtesses de l’air algériennes. Chef de cabine principal et instructrice, elle est aussi depuis peu chargée de l’organique au niveau de la section syndicale UGTA-PNC (personnel naviguant commercial). C’est la première fois que ce syndicat, exclusivement masculin jusque là (décembre 2010), s’ouvre aux femmes. Ce qui n’est pas une mince affaire pour cette syndicaliste convaincue car il faut chaque jour livrer une bataille acharnée pour faire valoir les droits et la place de l’hôtesse de l’air, marginalisée pendant des années. Et des bâtons dans les roues, ce n’est pas ce qui manque quand on est femme.
Revaloriser le métier d’hôtesse, c’est le cheval de bataille de Faïza Belaribi : « L’hôtesse est livrée à elle-même, elle exerce son métier dans des conditions pénibles et elle est confrontée à des difficultés au quotidien. Malgré tout, elle doit être disponible et tout sourire en toutes circonstances ». Pas facile quand on subit des heures de vol, de décalage horaire et de difficultés à n’en plus finir. Pour Faïza, « le 8 Mars, c’est aussi l’occasion de parler de ces femmes bien particulières et d’un métier pas comme les autres ». Elle regrette néanmoins que « les hôtesses soient éternellement les oubliées de cette fête internationale de la femme ».
Aujourd’hui, elle se fait la représentante de ces femmes qui réclament plus de considération et demandent une plus large représentativité au niveau du syndicat et de l’encadrement. « C’est un hommage que je tiens à leur rendre cette année pour tous les sacrifices qu’elles consentent quotidiennement, au détriment parfois de leurs familles ». Cette battante qui ne baisse jamais les bras devant les obstacles a décidément une volonté de fer. « On peut dire que je suis venue au syndicalisme en fin de carrière, mais je veux aller au bout de mes convictions et lutter jusqu’à la satisfaction des revendications des hôtesses qui ne demandent qu’une chose : s’épanouir dans leurs fonctions et passer le témoin à la relève », dit-elle. « Les hôtesses de l’air ont placé leur confiance et leurs espoirs en moi en tant que syndicaliste et je ne veux certainement pas les décevoir ». Depuis des années, elle mène le parcours du combattant pour une véritable considération du métier d’hôtesse et son dynamisme n’a pas changé d’un iota : « J’estime que les hôtesses de l’air méritent plus de valorisation car elles sont les ambassadrices de l’Algérie à l’extérieur et représentent la compagnie et l’emblème national ».
[via] Amel Bouakba, latribune-online.com