
« Les transferts massifs ont induit la stagnation de la médecine algérienne », estiment les experts du secteur.
Les responsables du ministère comptent réduire le nombre des transferts pour soins à l’étranger. Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, M. Djamel Ould Abbes, a annoncé jeudi dernier que la commission des transferts de malades pour soins à l’étranger se réunira la semaine prochaine pour trancher cette question.
En marge d’une séance plénière de l’Assemblée populaire nationale (APN) consacrée aux questions orales, le ministre a souligné qu’il « attirera l’attention » des membres de la commission sur la nécessité de limiter les transferts à l’étranger aux « cas complexes ». Composée de trois professeurs du ministère de la Santé et de deux membres de celui de la Sécurité sociale, la commission nationale des transferts pour soins à l’étranger procède régulièrement à l’évaluation des transferts pour soins à l’étranger et implantations d’organes. Ces transferts sont de moins en moins fréquents. On compte 1.000 transferts par an pour des soins qui ne trouvent de solutions thérapeutiques dans le pays.
S’exprimant sur la question, le ministre a déclaré ne pas approuver les transferts à l’étranger pour de multiples raisons, notamment pour « la disponibilité de compétences et des moyens consacrés par l’Etat à la prise en charge sanitaire des citoyens, outre la dotation des hôpitaux en équipements pour permettre aux compétences nationales d’exercer dans les meilleures conditions ». Il a ajouté que le ministère de la Santé « veille » à améliorer les prestations sanitaires au profit des citoyens, soulignant l’impératif de limiter les opérations de transferts des malades à l’étranger aux « cas exceptionnels difficiles à prendre en charge dans le pays ».
Entre 1984 et 1995,
plus de 13. 000 Algériens bénéficiaient, chaque année, de prises en charge de la Caisse nationale de sécurité sociale pour se soigner dans des hôpitaux à l’étranger, notamment en France, liée à l’Algérie par une convention en la matière.
En 2011,
ils ne sont plus que 600 à être évacués, pour raisons médicales, hors du pays. En 27 ans, le nombre des malades transférés a baissé de 95%. Selon le président de la Commission médicale nationale des transferts pour soins à l’étranger, le Pr Bougherbal, « les transferts massifs ont induit la stagnation de la médecine algérienne ».
En 1995,
la commission médicale nationale est instituée par un arrêté interministériel, qui stipule, dans son article 2:
Il est précisé, dans le dernier alinéa de l’article en question:
Le rôle de ladite commission, formée par un collège de praticiens spécialistes, consiste à donner un avis médical sur une demande de transfert à l’étranger, formulée par le médecin traitant. Le dossier doit comporter, outre la prescription, un bilan d’extension, ainsi que le plan thérapeutique et un pronostic fournis par la structure d’accueil. À la lumière de ces documents, la commission médicale statue sur le cas. Si elle donne un avis favorable, la CNAS établit automatiquement la prise en charge.
Actuellement, ne sont transférés à l’étranger que les cas qui ne peuvent pas réellement être pris en charge en Algérie. Il s’agit de malformation artério-veineuse au cerveau, qui est traitée avec une technique que ne maîtrisent pas les praticiens algériens, ainsi que les cardiopathies congénitales graves du nouveau-né.
En 2009,
quelque 530 malades ont été transférés à l’étranger. Dans le détail, on compte 169 d’entre eux souffraient de problèmes cardiaques, 24 de rétinoblastome (tumeurs de l’œil), 200 de cancers, 152 nécessitant une neuro-embolisation et 19 divers.
Pour 2010 et 2011,
environ 600 prises en charge ont été accordées pour soins à l’étranger.
La commission est parvenue à stabiliser le nombre des évacuations à ce niveau en appliquant un programme de réduction des transferts à l’étranger.
[via] Sarah Sofi, elmoudjahid.com
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