Pour sécurisation de la flotte :
Air Algérie consacre un budget de 50 millions de dollars à la maintenance
Pour sécuriser ses appareils et son personnel, et partant, les voyageurs, Air Algérie a consacré un budget de 50 millions de dollars -avec une rallonge qui peut doubler- à la maintenance des aéronefs et l’entraînement de ses personnels. C’est ce qui ressort des déclarations de Samir Dersouni, directeur du bureau sécurité d’Air Algérie, sur les ondes de la radio nationale.
Invité hier de la chaîne III, il a indiqué que selon des statistiques, 60% des accidents sont dus au facteur humain, 10% aux différents problèmes de maintenance, alors que 5 % au changement de climat. Parlant du facteur humain à l’origine des accidents, l’invité de la radio dira qu’il s’agit notamment des erreurs d’interprétation par les pilotes, en citant, à titre d’exemple, le cas du crash de l’avion qui transportait le président polonais. Mais en plus des erreurs, il a imputé certains cas au stress et à la fatigue. A propos de la maintenance, il a précisé que celle-ci est réglementée par les lois de l’Organisation de l’aviation civile internationale, soulignant que le commandant de bord a le droit de bloquer l’aéronef avant que le contrôle ne soit effectué. Sur un autre plan, le pilote a rappelé que les fonctionnaires d’Air Algérie, chargés de la maintenance de la flotte, suivent avec rigueur les instructions du constructeur des avions.
En outre, il a indiqué qu’après le crash de mars 2003 à Tamanrasset, il a été décidé d’arrêter la flotte vieillissante, aujourd’hui la moyenne d’âge de la flotte est de 4 à 5 ans. Dans le même ordre d’idées, M. Dersouni a affirmé que la vieille flotte a été immobilisée, alors que celle en fin de vie sera mise à la casse et récupérer les pièces en bon état des appareils. Par ailleurs, tout en notant que le maintien des vieux appareils coutait très cher, il a mis l’accent sur les difficultés rencontrées en Europe où le respect des normes antibruit est exigé. Par contre, dit-il, les nouveaux aéronefs acquis par la compagnie aérienne nationale sont plus fiables et plus sûrs.
Sur le plan financier, la mise à l’arrêt de l’ancienne flotte et son renouvellement a engendré une perte d’une dizaine de millions de dollars à la compagnie. En ce qui concerne les vols qui se font tard la nuit et repartent tôt le matin, M. Dersouni a fait savoir que les pilotes peuvent attendre s’ils jugent nécessaire, d’autant qu’ils ont droit à huit heures de repos, même si cela cause parfois des retards. M. Dersouni a précisé, néanmoins, que les pannes techniques et le climat sont aussi à l’origine de certains retards. Sur ce point précis, d’ailleurs, il a fait remarquer qu’il existe des moyens d’alerte des pannes techniques et « nous avons à bord de nos aéronefs tous les équipements de sécurité exigés et le commandant de bord a le droit de choisir entre décoller ou non en cas de panne ».
Par ailleurs, se référant au taux d’accidents, il dira qu’on pourrait enregistrer un accident par semaine en 2025.
Cela étant, l’Europe craint le rush d’avions en provenance de l’étranger, et compte prendre des mesures drastiques. Enfin, il a fait savoir que les responsables d’Air Algérie sont extrêmement regardants sur la formation des pilotes et les visites médicales régulières, en plus de l’opération déjà entreprise visant le rajeunissement du personnel.
[via l’article d’origine ]
Djamel O., latribune-online.com
publié, le 11 Avril 2010