Algérie -Début du traitement des dossiers de rééchelonnement des dettes des PME :
Selon le président de l’Association des banques et établissements financiers

Décidé en février dernier, lors d’un Conseil des ministres, et débattu lors de la tripartite du 29 mai dernier, le rééchelonnement des dettes des petites et moyennes entreprises (PME) a commencé au niveau des banques.
« Les banques ont commencé à recevoir et à traiter les dossiers des entreprises ayant des dettes », selon le président de l’Association des banques et établissements financiers (Abef), Abderrahmane Benkhalfa. Contacté hier par nos soins, le président de l’Abef a précisé que la viabilité de l’entreprise et ses capacités à rebondir sur le marché national sont les critères d’éligibilité. Les entreprises, hormis celles spécialisées dans la revente en l’état qui sont exclues, doivent afficher leur volonté de bénéficier de cette mesure et déposer leur dossier avant la fin de l’année.
Ce processus, déterminé par un chapelet de critères, est « harmonisé » en fonction de « la consistance » des dettes des entreprises concernées, affirme M. Benkhalfa qui a soutenu qu’une série d’entreprises se rapprocheront des banques afin de bénéficier de cette mesure. Les critères d’éligibilité ont été établis par le groupe de travail mis en place en application des décisions de la dernière tripartite.
Le gouvernement, pour rappel, avait invité les banques à rééchelonner les créances des entreprises en difficulté, avec un différé de trois années durant lesquelles le Trésor public prendra en charge les intérêts, comme le précise d’ailleurs Abderrahmane Benkhalfa. Parmi les mesures prévues figurent aussi une annulation des agios pour l’entreprise bénéficiaire du rééchelonnement et la préservation d’un taux d’intérêt du crédit de 5,5% dont 2% seront pris en charge par le Trésor public, et les créances concernées sont notamment celles à problème potentiel, très risquées ainsi que les créances compromises.
Les entreprises candidates au rééchelonnement de leurs dettes sont tenues par ailleurs d’élaborer leur business plan de manière à démontrer leurs capacités à se maintenir et survivre sur le marché, fait remarquer le président de l’Abef. Interrogé sur le retard pris dans l’application de la remise documentaire comme un mode de paiement des matières premières, le même responsable a expliqué qu’il y avait eu une période antérieure durant laquelle les entreprises n’avaient pas pu utiliser ce mode.
Cependant à l’heure actuelle, ajoute la même source, les entreprises peuvent importer leurs matières premières et pièces de rechange en recourant à ce mode de paiement. Il s’agit là également d’une mesure décidée lors de la dernière tripartite, laquelle a fixé la limite maximale à 4 millions DA au lieu de 2 millions DA jugée insuffisante.
[Via] Smaïl Boughazi, latribune-online.com – Photo : S. Zoheir