Constantine : la viande de l’Inde semble attirer de plus en plus les consommateurs
Photo : Slimene S.A.
Au premier jour de son étalage sur les marchés constantinois, la viande de l’Inde semble attirer de plus en plus les consommateurs, voire concurrencer sérieusement la viande congelé du Brésil.
Principal atout du bœuf de l’Inde : son prix abordable qui était annoncé par la presse quelques jours avant sa commercialisation. Mais si dans certaines régions du pays, les tarifs variant entre 410 et 520 da ont été respectés, dans la capitale de l’Est le kg se négocie autour des 550 voire 590 da. Preuve donc du succès « inattendu » par certains, malgré sa cherté la viande se vend bien.
Il faut dire aussi qu’à Constantine le premier arrivage s’est fait tardivement car c’est seulement durant le week-end passé que les 20 tonnes réceptionnées du port de Skikda ont pu être convoyées aux marchés de la ville.
La lenteur s’explique par le fait que la société privée, « Cirta Agro » contact a dû patienter pour recevoir l’autorisation des services d’hygiène de Constantine ainsi que celle de l’entreprise « Sotracove » qui s’est chargée de l’importer. Et après seulement deux jours de commercialisation, il était inutile de la chercher cette viande dans les boucheries du centre ville.
C’est même avec étonnement que nous nous sommes aperçus qu’elle était quasiment absente chez certains marchands de surgelés qui normalement devraient écouler sans problème tous les kilogrammes réceptionnés. La raison évoquée n’est pas due à un défaut de livraison, mais à cause de son prix. Un marchand de viande congelée du boulevard Belouizdad nous explique : « Le prix du fournisseur est de 410 da et selon la clause du contrat nous devons la céder à 430 da. Une marge bénéficière de 20 da est une plaisanterie pour nous. Le problème est que nous sommes contrôlés par les agents de la direction du commerce nous ne pouvons donc pas augmenter les tarifs alors que les commerçants de Souika peuvent l’écouler comme bon leur semble parce qu’ils échappent à tout contrôle ».
Le jeune commerçant préfère la viande du Brésil, moins chère et plus appréciée par ses clients. Restent donc les marchés populaires de la vieille ville. A Souika quartier réputée pour ses bas prix, la vente de la viande de l’Inde bat son plein, certaines petites boucheries en ont même fait leur spécialité. Il était difficile toutefois d’évoquer le sujet surtout que les prix étaient inacceptables. Le kg est proposé à 580 da et malgré cela les clients se bousculent pour en acheter.
Après plusieurs tentatives un jeune commerçant a finalement voulu répondre à nos questions. Et première surprise, c’est bel et bien de la viande de l’Inde qui est étalée mais le boucher, en ce mois sacré, jure à ses clients qu’elle provient du Brésil : « Certains n’y font pas attention mais d’autres s’en méfient. Ils ont peur qu’elle ne soit pas « halal ». A la question de savoir pourquoi son prix est si élevé, gêné il se contente de répondre : « Que voulez vous c’est ça le commerce ».
[via] Kaïs Benachour, horizons-dz.com