Avec la multiplication des pratiques commerciales déloyales :
Le consommateur en quête de protection et d’informations

Le centre algérien de contrôle de qualité (CACQUE) chargé de la protection du consommateur, de l’amélioration de la qualité des biens et des services et de la promotion de la qualité du conditionnement des produits, fait ressortir dans ses différents bilans, des atteintes à la santé des consommateurs.
Des produits dangereux fabriqués en Algérie (ou importés) sans respect des normes en vigueur sont régulièrement mis sur le marché présentant ainsi des menaces sur la santé publique. En l’absence d’associations de protection des consommateurs sur le terrain, et de bureaux d’hygiène communaux, ces atteintes se multiplient au même titre que les pratiques frauduleuses et spéculatives des commerçants.
Aucune filière commerciale n’est épargnée par ces dysfonctionnements qui coûtent cher à l’économie nationale. Que ce soit dans le marché des viandes, des légumes et fruits, de l’habillement, de pièces détachées, des services (hôtellerie, restauration), ou de la publicité (publicité mensongère), le consommateur algérien se retrouve souvent lésé dans ses droits. En effectuant ses achats, il n’obtient ni garantie ni facture. Même l’étiquetage qui permet d’avoir des détails sur la traçabilité du produit, est parfois absent sur l’emballage. Et pourtant, les textes de lois sont clairs à ce sujet. Ces défaillances, faut-il le noter, sont le résultat de la propagation de l’informel, un phénomène qui ne fait que pénaliser le consommateur.
Comment réagir dans ce cas pour faire valoir le droit du consommateur ? La loi de février 2009 qui a mis en place les processus de régulation et de protection du marché, notamment en octroyant aux associations de protection du consommateur le droit de se constituer partie civile devant la justice dans toute affaire liée aux consommateurs, tarde à être appliquée sur le terrain. Les associations sont quasiment absentes sauf quand il s’agit d’avoir les subventions. Et dire que ces associations sont censées fournir aux consommateurs des informations sur les produits présents sur le marché, de signaler les produits non conformes aux normes, et de mettre les citoyens en garde, grâce à un système d’alerte. Or, c’est loin d’être le cas. Ces associations sont en grande partie responsables de ces atteintes à travers leur inertie.
Il faut dire aussi que le manque des moyens chez les services concernés par la répression des fraudes et du contrôle des prix ne facilite pas les opérations de contrôle sur le terrain et laisse ainsi le terrain libre aux spéculateurs.A travers le guide que vient de publier le ministère du commerce, un autre moyen est mis au service du consommateur pour «qu’il puisse se défendre et se protéger» dans un marché caractérisé par l’anarchie et la désorganisation.
[via] Samira Imadalou, latribune-online.comPhoto : M. Hacène