Algérie -Ouverture du 1er Salon national de l’innovation:
Les inventeurs algériens en quête d’appuis

En dépit de la présence d’un nombre considérable d’inventeurs qui ont tenu à exposer leurs prototypes pouvant intéresser plusieurs secteurs d’activités, les industriels et les opérateurs économiques étaient aux abonnés absents. C’est ce qu’ont regretté bon nombre d’inventeurs qui ont affiché leur souhait de voir leurs travaux soutenus par les entreprises.
« J’ai déboursé une somme considérable pour louer un espace au Salon, malheureusement, je me suis retrouvé seul à contempler mes travaux », regrette un inventeur qui attend toujours « des sponsors ou des parrains pour ses travaux ».
Toutefois, il y a lieu de noter que certains travaux ont pu déjà trouver preneurs. A titre d’exemple, le système d’appel malade conçu par un ingénieur et installé dans plusieurs hôpitaux de l’Ouest du pays. Ce système innovant offre, selon son concepteur, « un moyen d’appel et de surveillance très fiable aux patients ». Il permet, également, de calculer la durée de réponse des infirmiers. Plusieurs autres inventions ont été exposées dans cette première édition, telles que le houlomoteur conçu par un infographe qui espère trouver un sponsor pour perfectionner son prototype, des pompes à graisse manuelles haute pression commercialisées actuellement, ainsi que des inventions dans le domaine de l’électricité.
Quant à la situation de la recherche scientifique en Algérie, certains inventeurs ont estimé qu’« il faut qu’il y ait, au préalable, une politique d’investissement ». Cependant, estime-t-on, « ce n’est pas le cas parce que qui dit invention dit production industrielle ». Et « comme on n’a pas d’industrie, comment peut-on s’intéresser sérieusement aux inventeurs ? », s’interrogent certains exposants, qui ajoutent que « beaucoup d’inventeurs algériens ont pris le chemin de l’exil », en raison de cette situation.
Ce Salon, qui a vu la participation de plus de 80 exposants, est considéré comme une opportunité pour « établir des relations d’affaires et d’échanger leurs expériences », a précisé Mohammed Ould Mohammedi, directeur général du développement industriel au ministère de l’Industrie, de la PME et de la Promotion de l’investissement. C’est aussi, dit-il, « une occasion pour ces innovateurs de faire connaître aux industriels leurs produits, et trouver d’éventuels partenaires pour les fabriquer et les commercialiser ».
Pour sa part, le directeur général de la petite et moyenne entreprise au ministère de l’Industrie, M. Brahiti, a assuré que « les inventeurs algériens sont pris en charge ». « Nous les avons pris en charge en les orientant vers les centres de facilitation et les pépinières d’entreprises et toute structure d’accueil approprié qui mettent à leur dispositions des prestations de qualité et gratuitement ». Il s’agit, somme toute, de « les accompagner et de les orienter dans la réalisation de leur business plan et ce, à travers les dispositifs d’aide à la création d’entreprises », résume M. Brahiti.
[via] Smaïl Boughazi, latribune-online.com – Photo : M. Hacène